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Une guerre partie pour durer

L’escalade est montée d’un cran et même de plusieurs crans. Au Moyen-Orient tout semble pouvoir basculer vers l’irréparable. Les événements s’enchaînent et plongent encore plus la région dans la déstabilisation. Les Iraniens ne cachent pas qu’ils n’épargneront personne et que toutes les frontières vont voler en éclat. Les pays du Golfe sont ainsi des cibles de guerre. Et ce ne sont pas là des paroles en l’air. Téhéran est déjà passé à l’acte.
Les Américains de leur côté continuent leurs frappes sans arrêt depuis maintenant dix jours. Et chaque jour qui passe est un jour où des armes de plus en plus destructrices sont utilisées. On n’épargne rien, ni objectifs militaires, ni installations civiles. Des ponts, des routes, des centrales électriques sont systématiquement visés. Trump a ainsi mis à exécution toutes ses menaces et se lâche totalement dans cette reprise des hostilités.
Les déclarations et les contre-déclarations des uns et des autres font aussi partie intégrante de cette guerre qui se joue aussi sur le terrain de la communication et la propagande. Et si Trump était jusque-là celui monopolisait toute la parole et déroulait son propre narratif, aujourd’hui le nouveau guide suprême de la république islamique occupe de plus en plus l’espace médiatique.
La dernière sortie de Mojtaba Khamenei, au-delà de répondre aux Américains, veut aussi et surtout mettre en avant la synergie et l’unité des différents pôles de décision du régime iranien, que l’on disait traversé par de profondes dissensions entre religieux, politiques, militaires et Gardiens de la Révolution.
“Maintenant que l’ennemi américain cherche à inciter à la guerre, il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir, a asséné Mojtaba Khamenei. La violation répétée du protocole d’accord signé entre les deux pays le 17 juin pour faire taire les armes a une fois de plus démontré à tous que la signature du président américain,Donald Trump, est sans valeur», a-t-il encore tonné.
Sur le terrain, et comme en écho à cette déclaration, quatre soldats ont été blessés. Et plus dur encore pour les Américains, deux ont été tués dans des frappes iraniennes contre une base US en Jordanie , alors qu’un autre est porté disparu. La mort de soldats américains, c’est tout ce que Trump voulait éviter depuis le début de cette guerre. Une guerre que les citoyens américains désapprouvent, eux qui ont voté pour ce président qui avait, tout au long de sa campagne électorale, promis de mettre fin aux guerres et non d’en déclencher, et de ne jamais s’embarquer dans une guerre qui n’en finit pas. Pour lui, il n’y aurait jamais d’autres Vietnam, Irak ou Afghanistan.
Mais le voilà qui s’embarque dans une guerre qui est partie pour durer et apparemment pour très longtemps.

Par Abdelmadjid Blidi

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