Qualité et sécurité alimentaire : les marchés de poisson sous contrôle renforcé
La saison estivale est très souvent marquée par une forte consommation de produits halieutiques. Les autorités renforcent leur dispositif de prévention sanitaire. À Oran, une session de formation spécialisée a été organisée au profit des inspecteurs de la santé publique, des vétérinaires et des médecins vétérinaires, dans le but d’intensifier les contrôles au niveau des marchés de gros du poisson.
Initiée par l’Institut technologique de la pêche et de l’aquaculture d’Oran, cette formation s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’économie bleue. Elle vise à doter les intervenants des outils techniques nécessaires pour améliorer les mécanismes de surveillance et garantir la qualité sanitaire des produits de la mer. Cette démarche intervient dans un contexte où la demande en poisson connaît une hausse notable durant l’été, notamment à Oran, une wilaya réputée pour son activité halieutique dynamique. Le poisson, et en particulier la sardine, occupe une place centrale dans les habitudes alimentaires locales, aussi bien dans les foyers que dans les établissements de restauration. Cependant, cette forte consommation s’accompagne de risques non négligeables. Le poisson est un produit hautement périssable qui, en cas de mauvaise conservation, peut rapidement devenir impropre à la consommation et représenter un danger réel pour la santé publique.
D’où la nécessité d’un contrôle rigoureux, non seulement au niveau des marchés, mais également à bord des embarcations de pêche, afin d’éviter la mise en circulation de produits altérés. Les spécialistes rappellent que certains signes doivent alerter les consommateurs, tels que des odeurs nauséabondes, des branchies visqueuses ou encore des yeux enfoncés.
La présence de ces indicateurs impose l’élimination immédiate du produit. Leur consommation peut provoquer divers troubles, allant de réactions cutanées à des maux de tête, voire des chutes de tension nécessitant une prise en charge médicale urgente.
Face à ces risques, les professionnels de la santé, les services vétérinaires, les associations de protection des consommateurs ainsi que la direction du commerce multiplient les appels à la vigilance. Ils invitent les citoyens à adopter des réflexes simples mais essentiels lors de l’achat et de la conservation du poisson. Il est notamment recommandé de le nettoyer rapidement, de le stocker dans des conditions appropriées, à basse température, et de le consommer dans un délai de deux à trois jours. La congélation permet toutefois de prolonger sa durée de conservation au-delà de cette période. Par ailleurs, les ports de la wilaya, notamment ceux d’Oran, Kristel et Arzew, enregistrent chaque été des volumes importants de débarquement de poissons, pouvant dépasser les 700 tonnes en l’espace de deux semaines. Cette abondance saisonnière s’accompagne généralement d’une baisse des prix, rendant le produit plus accessible, avec des tarifs oscillant entre 300 et 500 dinars le kilogramme.
Dans ce contexte, le renforcement des contrôles sanitaires apparaît comme un enjeu crucial pour concilier accessibilité, qualité et sécurité alimentaire, tout en soutenant le développement durable du secteur halieutique en Algérie.
Yacine Redjami

