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Vers 29 milliards de dollars d’exportations : l’ambition africaine de l’Algérie

La diversification de l’économie algérienne passe désormais par un ancrage renforcé dans le marché africain. Réunis à l’Université d’Oran 2 à l’occasion d’un colloque national consacré au commerce intra-africain, experts et universitaires ont mis en avant le rôle stratégique de cette dynamique dans la transformation du modèle économique national.

Au cœur des débats, un constat partagé: les échanges commerciaux entre pays africains ne relèvent plus d’une simple opportunité, mais constituent un levier structurant pour renforcer la souveraineté économique, réduire la dépendance aux marchés extérieurs et stimuler la création de richesse et d’emplois.
L’intégration économique du continent apparaît ainsi comme une condition essentielle pour valoriser ses ressources et améliorer la compétitivité des entreprises locales. Les intervenants ont insisté sur le potentiel considérable de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui ouvre un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs. Pour l’Algérie, cette perspective représente une opportunité majeure d’accroître ses exportations hors hydrocarbures, déjà en hausse de 23 % en 2025, notamment dans les secteurs des engrais, des matériaux de construction et de l’industrie chimique. L’objectif est d’atteindre près de 29 milliards de dollars d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030, contre un peu plus de 5 milliards il y a quelques années. Une trajectoire rendue possible par une série de réformes économiques et juridiques, dont la nouvelle loi sur l’investissement et l’adhésion à la zone de libre-échange africaine. Par ailleurs, le développement des infrastructures constitue un axe central de cette stratégie.
Les projets routiers reliant l’Algérie à la Mauritanie et au Niger, ainsi que la route transsaharienne vers Lagos, devraient faciliter les flux commerciaux et renforcer l’intégration régionale.
Dans ce contexte, l’université est appelée à jouer un rôle moteur. La formation de compétences adaptées, la production de solutions innovantes et l’accompagnement des mutations économiques sont désormais au cœur de ses missions. Les participants ont également souligné la nécessité de lever les obstacles logistiques et réglementaires, tout en améliorant la connaissance des marchés africains. À l’issue des travaux, les recommandations ont convergé vers un impératif: traduire les réflexions académiques en actions concrètes afin d’inscrire durablement l’Algérie dans la dynamique économique africaine et consolider sa transition vers un modèle de croissance diversifié.

Yacine Redjami

 

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