EDITO

Des trophées encore inaccessibles

Plus Trump parle et plus il trahit sa seule ambition de faire passer toute la déconvenue de sa guerre contre l’Iran en victoire. Une victoire dont il est le seul à croire ou à donner l’impression de vouloir y croire. Mais avec Trump, il faut comprendre qu’il parle d’abord aux Américains et plus particulièrement à sa base qui l’a soutenu mordicus jusqu’à l’amener à la Maison Blanche.
Les autres, tous les autres ne l’intéressent pas ou très peu. Malgré les critiques qu’il essuie régulièrement y compris au sein de son clan républicain. Malgré les sondages qui se suivent et se ressemblent, et qui confirment sa baisse de popularité abyssale, et qui indiquent que la majorité des Américains est contre cette guerre qui n’a pas atteint ses objectifs, il ne change rien à sa logique et continue de dérouler son seul narratif qui ne convainc pas beaucoup de monde.
Ses dernières déclarations, tout aussi décousues que peu réalistes, donnent la sensation que nous sommes en face d’un homme qui vit dans sa bulle, refusant de voir les choses telles qu’elles sont réellement. Ainsi pas plus tard que lundi, il déclarait que “ jamais autant de pétrole n”a transité par le détroit d’Ormuz”. Une aberration quand on sait que l’Iran maintient sa mainmise sur le détroit, et les navires passent en nombre réduit.
Par ailleurs, le président américain joue toujours aux gros bras, puisque dans la même intervention il claironnait que l’Iran n’a plus d’armée, affirmant que “sa marine est détruite
son armée de l’air détruite, ses dirigeants morts” continuant par “ le pays tout entier est balayé” et comme toujours enchaînant avec les menaces en direction des Iraniens “Si vous fermez le détroit d’Ormuz vous n”aurez plus de p… de pays.” Et vous l’aurez remarqué avec la vulgarité en plus.
Et pendant ce temps-là, dans la vraie vie, oserions nous dire, les négociations continuent difficilement, certes, mais elles se maintiennent toujours. Des négociations selon les observateurs qui sont de plus en plus durs et où les Iraniens semblent ne rien lâcher et imposent, selon plusieurs sources, leurs conditions et leurs desiderata. Le détroit d’Ormuz, ont-ils encore asséné, sera sous leur seul contrôle. Et pourtant Trump a besoin de son ouverture et de l’arrêt du programme nucléaire iranien, qui sont les deux seuls trophées qu’il veut absolument exhiber devant ses fidèles, et que malheureusement pour lui, l’Iran refuse de les lui donner en cadeau. Et cela n’a pas fini de l’engager à l’extrême.
Par Abdelmadjid Blidi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page