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Festival algéro-africain du théâtre universitaire : appel à instaurer une plateforme académique dédiée au théâtre africain

Des chercheurs et universitaires algériens et étrangers dans le domaine du théâtre universitaire ont été unanimes à affirmer, mardi à Alger, lors d’un colloque international sur la pratique du théâtre en Afrique organisé dans le cadre de la première édition du Festival algéro-africain du théâtre universitaire, l’importance d’instaurer une plateforme académique dédiée au théâtre africain.

Intervenant à l’occasion, Kamel Boumenir de l’Université Alger 2 «Abou El-Kacem Saâdallah», a estimé que les chercheurs dans le domaine du théâtre africain universitaire sont tenus de construire un discours critique adapté aux mutations, à la dynamique et au développement de ce type de théâtre. Il a ajouté que ce rendez-vous est d’autant plus important car il veille à étudier le théâtre africain en tant qu’expérience vivante et renouvelée qui mérite écoute, analyse et adaptation académique, en sus de «repenser la relation entre la pratique théâtrale et l’analyse académique».
Le dramaturge égyptien Abdou Azerae est revenu sur «la relation entre l’art et la connaissance» et «la spécificité du théâtre égyptien, en tant que partie intégrante du théâtre africain».
Idris Guergoua, de l’Université de Sidi Bel Abbes a souligné l’importance de la mémoire théâtrale africaine, mettant en avant «le rôle du document historique et des archives dans la préservation de ce legs culturel». L’intervenant a souligné que la documentation des expériences théâtrales «doit s’appuyer sur l’immersion sur le terrain auprès des créateurs du spectacle en Afrique, tout en tirant parti des expériences algériennes et africaines en matière de transcription», d’autant plus que «de nombreux acteurs de la scène théâtrale n’ont pas consigné leurs expériences par écrit», a-t-il dit.
Il a formulé plusieurs propositions, parmi lesquelles «la création de laboratoires et de centres de recherche universitaires spécialisés, dédiés aux études théâtrales africaines», ainsi que «la fondation d’une académie spécialisée chargée du suivi, de la classification et de la documentation du répertoire théâtral africain», en plus d’»un musée national dédié au théâtre africain».
Pour sa part, Lakhdar Mansouri, de l’université d’Oran, a insisté sur l’importance de valoriser le patrimoine de l’art du Diwan dans les représentations théâtrales, affirmant que la réussite de cet investissement artistique «requiert une étude approfondie du patrimoine du Diwan, ainsi que l’établissement d’une collaboration étroite avec la communauté dépositaire de ce legs, afin d’en garantir une présentation authentique qui respecte ses valeurs et sa symbolique». Ce colloque, intitulé «La pratique théâtrale en Afrique: expériences de la scène et perspectives de l’encadrement académique», a été organisé dans le cadre des activités de la première édition du Festival algéro-africain du théâtre universitaire, dont le coup d’envoi a été donné lundi, sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en coordination avec le ministère de la Culture et des Arts.

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