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Prochaine rentrée scolaire : la course contre la montre est lancée !

Prochaine rentrée scolaire : la course contre la montre est lancée !

L’approche de chaque rentrée scolaire obéit au même rituel. Les cartables envahissent les vitrines, les listes de fournitures circulent sur les réseaux sociaux, les parents commencent à faire leurs comptes, tandis que les services de l’État entrent dans une véritable course contre la montre. A Oran, la rentrée scolaire ne se prépare pas seulement dans les foyers. Elle se joue aussi sur les chantiers, dans les bureaux d’études, sur les routes menant aux nouveaux pôles urbains et dans les salles de réunion où l’on tente, parfois dans l’urgence, de rattraper le temps perdu. Cette année, les signaux envoyés par les autorités de la wilaya sont plutôt encourageants.
Les sorties répétées du wali sur le terrain traduisent une volonté manifeste de suivre personnellement l’état d’avancement des établissements scolaires programmés pour la rentrée 2026-2027. D’une commune à l’autre, les inspections se succèdent. Les délais sont rappelés avec fermeté. Les entreprises sont mises devant leurs responsabilités. Les exigences de qualité sont réaffirmées. Lorsque la cadence des travaux apparaît insuffisante, les observations sont immédiates, parfois sévères. Cette démarche mérite d’être saluée. Elle rompt avec une époque où les visites officielles se limitaient souvent à des cérémonies protocolaires sans véritable suivi. Aujourd’hui, l’objectif est clairement affiché : éviter que des milliers d’élèves ne se retrouvent, dès septembre, sans établissements pour les accueillir. L’enjeu est donc immense.
La croissance urbaine d’Oran n’est plus celle d’il y a vingt ans. Les nouveaux quartiers ont poussé à un rythme soutenu, notamment dans les zones de relogement des familles issues des bidonvilles et de l’habitat précaire. Le pôle Ahmed Zabana, à Misserghine, longtemps présenté comme une « nouvelle ville », en est l’illustration la plus visible. Derrière les milliers de logements livrés se cache une réalité plus complexe : une ville ne se résume pas à des immeubles. Elle suppose des écoles, des collèges, des lycées, des équipements sportifs, des bibliothèques, des transports et une véritable vie de quartier. C’est précisément là que surgissent les interrogations. Pendant des années, les programmes de logements ont souvent avancé plus vite que les équipements publics destinés à les accompagner. Les familles emménageaient avant l’ouverture des écoles.
Les enfants étaient alors orientés vers des établissements éloignés, contraints à de longs déplacements quotidiens, tandis que d’autres écoles voyaient leurs effectifs exploser bien au-delà de leurs capacités normales. Les classes à quarante, parfois davantage, ne relèvent malheureusement pas du souvenir. Elles demeurent une réalité dans plusieurs secteurs de l’agglomération oranaise. Les enseignants s’efforcent d’assurer leur mission dans des conditions souvent difficiles. Les directeurs jonglent avec les salles disponibles. Les parents, eux, redoutent chaque année les affectations de dernière minute. La commune d’Oran n’échappe pas à ces contraintes. Certes, les opérations d’entretien des écoles primaires se multiplient à l’approche de la rentrée. Réfection des peintures, réparation des sanitaires, remplacement des vitres, remise en état des cours de récréation, amélioration de l’éclairage… autant d’interventions nécessaires qui témoignent d’un effort réel des services communaux.
Mais chacun sait également que la véritable qualité de l’école ne dépend pas uniquement d’un coup de peinture estival. Une école, c’est aussi un environnement urbain digne de ce nom. Combien d’établissements restent entourés de trottoirs dégradés, d’éclairages insuffisants, de stationnements anarchiques ou de passages piétons à peine visibles ? Combien d’enfants traversent chaque matin des axes devenus particulièrement dangereux sous l’effet d’une circulation toujours plus dense ? La sécurité aux abords des établissements demeure l’un des maillons faibles de la préparation de chaque rentrée.
Les ralentisseurs improvisés, les panneaux de signalisation absents ou effacés, les trottoirs encombrés par le commerce informel ou les véhicules en stationnement constituent autant de dysfonctionnements qui ne relèvent pourtant pas de l’Éducation nationale mais bien de la gestion urbaine quotidienne. La rentrée scolaire met en lumière la capacité — ou les insuffisances — de coordination entre les différents secteurs : éducation, urbanisme, travaux publics, transports, communes, Sonelgaz, hydraulique ou protection civile. Une école achevée mais privée d’accès convenable, d’alimentation en eau ou de raccordement électrique reste une école inachevée dans les faits. C’est pourquoi l’insistance actuelle du wali sur le respect des délais prend tout son sens.
Les retards chroniques ont longtemps fini par paraître presque normaux dans notre paysage administratif. Or, lorsqu’il s’agit d’une école, quelques semaines de retard peuvent désorganiser toute une année scolaire et pénaliser durablement des milliers d’élèves. Il serait toutefois injuste d’ignorer les progrès observés ces derniers mois. Le suivi plus rigoureux des projets, la multiplication des inspections de terrain et la volonté affichée d’anticiper la rentrée témoignent d’une évolution positive dans la méthode de gestion. Cette dynamique gagnerait cependant à s’inscrire dans la durée, bien au-delà des seules semaines précédant septembre. Car une rentrée scolaire réussie ne se prépare pas au mois d’août. Elle se construit tout au long de l’année, dès la conception des nouveaux quartiers, en intégrant systématiquement les équipements éducatifs parmi les priorités absolues et non comme des compléments que l’on réalisera plus tard, lorsque les crédits seront disponibles.
L’école est souvent le premier visage que découvre une famille dans son nouveau quartier. Elle est aussi le premier service public auquel un enfant accorde sa confiance. Lorsqu’elle ouvre ses portes à temps, dans un environnement sûr, propre et fonctionnel, c’est toute la crédibilité de l’action publique qui en sort renforcée. À l’inverse, chaque chantier inachevé, chaque classe surchargée ou chaque promesse reportée rappelle que le véritable calendrier d’une ville ne se mesure pas seulement en dates de livraison, mais aussi en confiance accordée par ses citoyens.
— Par S.Benali

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