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Hygiène publique et Propreté urbaine : l’éternel chantier communal

Hygiène publique et Propreté urbaine : l’éternel chantier communal

La propreté d’une ville constitue le premier indicateur de la qualité de sa gestion et du respect que chacun porte à son cadre de vie. Chaque réunion consacrée à l’environnement rappelle une évidence trop souvent oubliée : la collecte des ordures ménagères, le nettoiement des rues, l’entretien des espaces verts, la maintenance de l’éclairage public ou encore l’élimination des points noirs ne sont pas des opérations exceptionnelles. Elles représentent le socle même de la mission quotidienne des communes.
Les nouvelles directives du wali d’Oran, réaffirmant la nécessité d’un suivi permanent des opérations de collecte des déchets, de l’intensification des campagnes de nettoiement et du contrôle quotidien des interventions sur le terrain, traduisent une volonté de replacer l’hygiène publique au cœur des priorités locales. Une orientation qui répond également à une attente forte des habitants, tant cette question continue d’alimenter les critiques et parfois même l’exaspération d’une population confrontée à des situations qui n’ont que trop duré. Il suffit d’ailleurs de parcourir certains quartiers d’Oran pour mesurer l’ampleur du défi. Dans plusieurs cités populaires comme dans certaines zones périphériques, les dépôts sauvages d’ordures continuent de défigurer le paysage urbain. Des bacs débordants, des sacs éventrés par les animaux errants, des gravats abandonnés sur les trottoirs, des terrains vagues transformés en décharges improvisées, des espaces verts envahis par les détritus ou encore des rues insuffisamment entretenues offrent une image peu compatible avec le rang de deuxième métropole du pays.
Cette réalité n’est pourtant pas nouvelle. Depuis plusieurs décennies, l’hygiène publique revient régulièrement au centre des débats. Réorganisations des services communaux, création d’établissements spécialisés, acquisition de nouveaux camions de collecte, campagnes de sensibilisation, opérations de volontariat, instructions successives des walis ou programmes d’urgence se sont succédé. Malgré ces efforts, les résultats restent en deçà des attentes. Les contraintes administratives, les lenteurs d’exécution, le manque de coordination entre les différents intervenants, les insuffisances dans le suivi des prestations et les incertitudes qui entourent certains programmes pénalisent encore l’efficacité des actions engagées.
Mais il serait tout aussi réducteur de faire porter aux seules collectivités locales l’entière responsabilité de cette situation. L’état de propreté d’une ville dépend également du comportement de ses habitants. Les dépôts anarchiques de déchets, le non-respect des horaires de collecte, les actes d’incivisme, les dégradations répétées des espaces publics et l’absence de réflexes écocitoyens entretiennent un cercle vicieux qui réduit considérablement les effets des opérations de nettoiement. Une benne vidée le matin peut se retrouver à nouveau saturée quelques heures plus tard lorsque les règles élémentaires ne sont pas respectées. La véritable modernisation de la gestion urbaine ne se résumera donc ni à la multiplication des campagnes de nettoyage ni aux seules injonctions administratives, mais aussi à une véritable éducation citoyenne inscrite dans la durée.

— Par S.Benali

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