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Pénétrante autoroutière au port d’Oran : l’utilité stratégique face aux signes d’incivisme

Depuis sa mise en service, cet axe routier longeant le littoral connait un trafic en constante augmentation. Camions de marchandises, usagers professionnels habilités à accéder à l’enceinte portuaire, mais aussi promeneurs attirés par l’horizon marin et le beau coucher de soleil convergent désormais vers cet axe devenu, malgré lui, un lieu de fréquentation hybride.
Conçue à l’origine comme une infrastructure stratégique dédiée au transport logistique, cette voie rapide semble voir sa vocation première progressivement éclipsée par un afflux croissant de véhicules de tourisme. Des usagers qui empruntent l’itinéraire sans autre finalité que la promenade, d’ailleurs contraints de faire demi-tour juste à proximité de la zone d’accès réglementée au port.
Pourtant, cet axe a été dimensionné et optimisé pour absorber un trafic dense de poids lourds, avec des ouvrages d’art adaptés. Mais déjà, certains observateurs avertis s’inquiètent d’un glissement d’usage: à moyen et long terme, l’intrusion massive de véhicules légers pourrait altérer la fluidité, la sécurité et même la durabilité de cette infrastructure. Depuis son ouverture, cette autoroute longeant la mer attire une foule nombreuse de citoyens venus simplement la découvrir, profiter de la vue et s’approprier ce nouvel espace inédit, où la ville s’ouvre sur le large. Une route devenue elle même une destination en soi.
Dès lors, une question s’impose : quelle sera l’ampleur de cette fréquentation lorsque les projets annoncés d’aménagement et de valorisation des abords de cette pénétrante seront concrétisés ? Car déjà, les premiers signes de désordre apparaissent.
Les réseaux sociaux relaient quotidiennement des scènes d’incivisme : infractions au code de la route, stationnements anarchiques, nuisances sonores causées par des appareils audio poussés à l’extrême, comportements indécents, consommation d’alcool, et surtout, une prolifération inquiétante de déchets jetés sans retenue, souvent au-delà des glissières de sécurité, là où le regard ne porte plus. Certains n’hésitent pas à s’aventurer dans des zones dangereuses, en l’absence, ou dans l’attente, de signalisation claire, mettant en péril leur propre sécurité.
Il est vrai que ces dérives ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une réalité plus large, visible dans de nombreux quartiers et même au centre de la ville : un recul ou relâchement du sens civique, une banalisation des atteintes à l’espace public.
Sur les huit kilomètres de cette voie, les équipes de nettoiement de la Direction des Travaux Publics (DTP) et de l’Algérienne des Autoroutes (ADA) ne cessent de collecter quotidiennement des quantités considérables de déchets: canettes, bouteilles, paquets de cigarettes, sacs plastiques, emballages divers, serviettes, lingettes, mégots… Autant de traces d’un usage dévoyé, rassemblées dans de grands sacs à ordures avant d’être acheminées vers les centres d’enfouissement technique. Une charge lourde et répétitive qui pèse sur les services publics concernés.

Par S.Benali

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