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Adrar ouvre le bal : une production record de céréale attendue pour la prochaine campagne moisson-battage

La stratégie nationale vise à faire du Sahara un espace agricole clé. La mobilisation des entreprises publiques et privées, conjuguée à des partenariats internationaux, permet de déployer des projets agricoles à grande échelle dans le grand sud.

La campagne de moisson du blé a débuté ce samedi dans la wilaya d’Adrar, marquant une étape importante dans le développement agricole de cette région saharienne. Avec une prévision de récolte de 1,7 million de quintaux et un rendement pouvant atteindre 80 quintaux par hectare, cette opération témoigne des avancées concrètes dans la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté alimentaire. La superficie engagée dans cette campagne s’étend sur 38 000 hectares, répartis dans diverses zones agricoles, où tous les moyens humains et matériels ont été mobilisés pour assurer le succès de cette récolte.
Le lancement officiel a été effectué dans une exploitation agricole de la commune de Fenoughil par le wali, Fodil Douifi, qui a salué « le bon déroulement de la saison agricole » et la mobilisation massive de ressources, comprenant plus de 140 moissonneuses et 200 camions pour le transport. Il a également souligné l’engagement des services de la Protection civile pour sécuriser l’opération et prévenir tout risque d’incendie, témoignant ainsi d’une organisation coordonnée et efficace.
Cette année, la campagne de moisson est assurée par la société «Agrodrive», filiale du groupe «Agrodiv», qui joue un rôle clé dans la mécanisation de l’agriculture dans le sud du pays. Le directeur général, Derkaoui Benyoucef, a affirmé que cette initiative s’inscrit dans la volonté des hautes autorités d’accompagner et moderniser l’investissement agricole, notamment à travers la fourniture de moissonneuses dans toutes les wilayas du Sud. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de développement régional, qui prévoit à moyen terme de consacrer plus d’un million d’hectares aux grandes cultures, notamment dans le sud, afin de maximiser la production locale et réduire la dépendance aux importations.
La région d’Adrar n’est pas isolée dans cette dynamique. La politique nationale de développement agricole dans le Sahara vise à transformer cette vaste zone en un hub de production agricole durable. Parmi les projets phares en cours, figure celui de Baladna, un partenariat algéro-qatarien, qui ambitionne de faire de cette zone une plateforme de production laitière et agricole de grande envergure. En parallèle, des investissements étrangers tels que le projet italien FB contribuent également à la diversification et à la modernisation du secteur, avec des surfaces agricoles massives exploitées par des entreprises publiques et privées nationales.
L’Etat mise également sur des surfaces agricoles innovantes et extensives, notamment par la mise en valeur de terres arides via des techniques d’irrigation sophistiquées et la construction d’infrastructures modernes. La stratégie consiste à intensifier la production dans le sud, à travers des projets tels que ceux initiés dans le cadre du Plan d’Aménagement du Sahara, qui prévoit la transformation de vastes étendues en zones agricoles productives, exploitant à la fois l’eau souterraine et les nouvelles technologies agricoles.
Ce mouvement de modernisation s’accompagne également d’un renforcement de la logistique et des centres de stockage, comme en témoigne la disponibilité de dix centres de stockage de céréales à proximité des zones agricoles dans la wilaya d’Adrar. Ces infrastructures facilitent l’accélération des opérations de moisson et garantissent la conservation optimale des récoltes. Dans cette optique, la stratégie nationale vise à faire du Sahara un espace agricole clé, capable de contribuer significativement à la sécurité alimentaire du pays. La mobilisation des entreprises publiques et privées, conjuguée à des partenariats internationaux, permet de déployer des projets à grande échelle.
Ce développement ambitieux s’inscrit dans la volonté du gouvernement algérien d’assurer une autosuffisance alimentaire durable, en exploitant efficacement le potentiel agricole du sud. La modernisation des techniques culturales, la mécanisation accrue, et l’expansion des surfaces cultivables, notamment dans le cadre du plan de consacrer plus d’un million d’hectares aux grandes cultures à moyen terme, renforcent cette vision stratégique. La transformation du Sahara en une zone agricole productive est ainsi devenue un pilier central du développement économique national, avec pour objectif de faire de l’Algérie un acteur majeur dans la production agricole en Méditerranée et en Afrique du Nord.

Nadera Belkacemi

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