
Formation professionnelle : cap sur l’intelligence artificielle et les métiers du numérique
L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de modernisation du secteur de la formation professionnelle et d’adaptation aux mutations technologiques avec le lancement d’un programme de formation en intelligence artificielle (IA), destiné à préparer de nouvelles compétences nationales aux métiers du futur.
Le coup d’envoi de ce programme a été donné hier par la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Nassima Arhab, en compagnie du ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, lors d’une cérémonie marquant une nouvelle orientation en faveur d’une formation davantage alignée sur les exigences de l’économie numérique. Selon un communiqué du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, cette initiative constitue une concrétisation des réformes engagées pour faire évoluer le système de formation, en passant d’un modèle classique basé sur l’apprentissage théorique vers une approche centrée sur les compétences, l’innovation et l’adaptation aux réalités du marché. Le programme repose sur une approche systémique multidimensionnelle intégrant les principes de l’ingénierie pédagogique moderne, avec un accent particulier mis sur la pédagogie par projet, l’apprentissage expérientiel et la simulation de situations professionnelles complexes. Cette démarche vise à former un capital humain hautement qualifié, doté d’une forte capacité d’insertion professionnelle et apte à intégrer rapidement des secteurs économiques à forte valeur ajoutée.
S’étalant sur une durée de 12 semaines, ce parcours de formation est structuré en deux phases complémentaires. Une première phase est consacrée à une formation intensive mobilisant plusieurs référentiels de connaissances et de compétences techniques liés à l’intelligence artificielle, tandis qu’une seconde phase portera sur la réalisation de projets applicatifs de fin de parcours, à travers des travaux à caractère intégrateur et innovant. Le dispositif s’appuie également sur un système d’évaluation rigoureux fondé sur le principe du mérite, avec des critères de performance précis, à la fois quantitatifs et qualitatifs, portant sur l’efficacité, la capacité d’innovation ainsi que la pertinence opérationnelle des résultats obtenus. Cette méthodologie entend garantir une formation orientée vers des compétences immédiatement mobilisables dans les environnements professionnels. Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large visant à rapprocher davantage le système de formation du tissu économique productif et de l’écosystème entrepreneurial.
À cette occasion, le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a annoncé dans son communiqué la création du premier incubateur d’entreprises au niveau de l’Institut national spécialisé de formation professionnelle, Centre d’excellence en économie numérique de Sidi Abdellah-Rahmania. Cette nouvelle structure est appelée à jouer un rôle stratégique dans l’accompagnement des porteurs de projets, la maturation des idées innovantes et leur transformation en projets économiques concrets et viables. Pensé comme une infrastructure d’appui et d’accompagnement, cet incubateur devra favoriser l’émergence de start-up issues du milieu de la formation professionnelle et contribuer à renforcer les passerelles entre formation, innovation et entrepreneuriat.
Mme Arhab a souligné que ce programme s’inscrit dans une vision globale de refonte de l’ingénierie de la formation professionnelle sur des bases plus souples, intelligentes et anticipatives, capables de répondre aux transformations rapides induites par la révolution numérique. Elle a affirmé que l’objectif recherché est de préparer des compétences nationales hautement spécialisées, capables de s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales et de contribuer à l’essor d’une économie fondée sur la connaissance et l’innovation.
Mohand S



