EDITO

La suite est plus à craindre

2026 a commencé par le fait inédit du kidnapping du président Vénézuélien Nicolas Maduro. Un fait rare que le président américain, Donald Trump, a passé allègrement sans nullement se soucier du droit international et de ses lignes rouges, qui interdisent formellement toute agression contre un pays souverain. Trump a fait pire et a privé, comme si de rien n’était, un pays de son président pour l’extrader aux États-Unis afin d’être jugé par la justice américaine.
Ce retour musclé à la doctrine Monroe ( doctrine mise en place par le cinquième président américain James Monroe, qui en résumé, fait de tout le continent américain la chasse gardée des États-Unis), n’annonce rien de bon pour la stabilité de l’Amérique du Sud. Un état de fait qui a été vigoureusement rejeté par les leaders des pays de l’Amérique latine, qui voient venir un retour brutal de l’impérialisme américain. Surtout que Trump a laissé entendre que d’autres pays et leurs présidents pourraient connaître le même sort que le Venezuela et son président Nicolas Maduro, visant particulièrement la Colombie et Cuba. D’ailleurs le président colombien, Gustavo Petro, a déclaré qu’il était prêt à reprendre les armes face à Trump. Lequel Trump n’exclut pas de faire aussi main basse sur le Groenland, dépendant du Danemark, qui pour rappel, est un pays membre de l’OTAN.
Le monde, pour résumer, vient de pénétrer avec la désormais affaire Maduro, dans une étape jamais vue auparavant, ni avec l’affaire du Panama et son président Noriega, ni avec l’attaque contre l’Irak de Saddam Hussein. Cette dernière, certes brutale et totalement injustifiée, a été plus ou moins exposée devant le Conseil de sécurité, même si l’exposé de Collin Pauwels était truffé de contre vérités et de mensonges. Mais le souci des apparences a été sauvé à minima.
Mais avec Donald Trump, il est clairement établi que le droit international, tout comme l’existence même de l’ONU, sont magistralement ignorés. Le monde d’aujourd’hui attend la suite. Et toutes les suites ne seront que mauvaises, que ce soit à Cuba, en Colombie, au Groenland ou en Iran.
L’impuissance de l’ONU et de ses membres a été confirmée lundi puisque à la réunion consacrée aux événements du Venezuela, il a juste été rappelé l’article 2 de la Charte de l’ONU qui interdit tout recours à la force dans les relations internationales. Un rappel que Trump saura quoi en faire. C’est-à -dire l’ignorer complètement. Désormais, il n’existe dans les relations internationales qu’une seule loi. La loi du plus fort. Et c’était là le message central qu’a voulu faire passer l’administration américaine.

Par Abdelmadjid Blidi

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