La vie commerciale à Oran connait une grande dynamique durant le Ramadhan
A Oran, les marchés ont de tout temps connu une grande dynamique à diverses occasions religieuses, notamment le mois sacré de Ramadhan, apportant à la ville une ambiance particulière profondément ancrée dans son identité.
Le Ramadhan ne se contente pas de raviver les pratiques spirituelles des habitants, mais il change également le paysage urbain et commercial, donnant aux rues et aux espaces commerciaux une effervescence spéciale. Dans les grands marchés comme M’dina Jdida, cœur commercial de la ville d’Oran, les étals s’élargissent, les vitrines se renouvellent et les stocks s’accumulent.
Les «fawanis», lanternes emblématiques du mois sacré, apparaissent dans ce marché qui s’adapte à la demande. Déclinées en métal travaillé, en verre coloré ou en versions modernes à LED, elles attirent petits et grands. Pour de nombreux vendeurs, cette période représente un moment stratégique : les ventes réalisées en quelques semaines peuvent égaler plusieurs mois d’activité ordinaire. Les guirlandes lumineuses figurent également parmi les articles les plus recherchés. Suspendues aux balcons, accrochées aux façades ou installées dans les salons, elles participent à créer une atmosphère festive dès la rupture du jeûne. Dans les boutiques d’éclairage, les croissants et étoiles scintillants se vendent à un rythme soutenu. «Chaque année, j’achète de nouvelles lumières pour que les enfants ressentent l’ambiance du Ramadhan», confie Samira, mère de trois enfants rencontrée au marché. «Même si le budget est serré, on tient à décorer la maison», dit-elle.
Concernant les produits alimentaires, les pâtisseries traditionnelles occupent une place de choix. La «chamia», aux reflets dorés, et le «sboe-el-qadi», soigneusement disposé sur les plateaux, attirent les regards dans les vitrines et sur les étales. Nadia, venue faire ses courses pour la semaine au marché d’Aïn El-Turck, confie qu’elle ne peut pas «imaginer» un Ramadhan sans «chamia». Celle-ci accompagne toujours le thé après le «f’tour», note-t-elle.
Les pâtissiers, eux, reconnaissent que la demande explose durant ce mois, obligeant parfois à prolonger les horaires de travail pour satisfaire la clientèle. Les épices, enfin, constituent l’âme des marchés durant le Ramadhan. Les pyramides de cannelle, de cumin et de «ras el-hanout» colorent les étals et parfument les allées. «Je prépare mes mélanges à l’avance, car je cuisine davantage pendant le Ramadhan», explique Farida, croisée devant un stand d’épices. «Les prix ont un peu augmenté, mais on fait avec, c’est une tradition», estime-elle. Les commerçants confirment une hausse notable des ventes, notamment pour les produits utilisés dans la chorba et les plats mijotés du soir.
Entre décorations lumineuses, douceurs sucrées et épices parfumées, le commerce ramadanesque à Oran traduit une réalité bien ancrée: le mois sacré demeure un temps de recueillement et de solidarité, mais aussi un puissant moteur de la vie commerciales locale.