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L’Afrique, un destin collectif

L’Afrique, un destin collectif

La séquence algéro-nigérienne du moment, avec des victoires sur le sous-développement et la promotion d’une coopération effective nous renvoie à l’histoire moderne de l’Algérie, dont la profondeur africaine porte la marque d’une volonté d’émanciper le continent. Pour bien cerner l’Algérie, il faut lire l’épopée de sa lutte comme un texte continu qui s’inscrit dans l’arc plus large de la décolonisation et de la solidarité panafricaine. Cette posture, héritée de la guerre de libération nationale, a imposé à l’Algérie une patience stratégique et une lucidité sur le monde qui ne se résument pas à l’orthodoxie nationaliste.
L’époque contemporaine a continuellement réécrit ce cadre éthique et géopolitique. La dynamique qui en résulta est guidée par une analyse lourde de leçons tirées des conséquences d’un néocolonialisme tantôt invisible, tantôt brutal. La prédation des ressources africaines, le contrôle des infrastructures et des matières premières ont été des défis qui ont forgé une posture collective chez l’Algérie et chez plusieurs de ses partenaires. Le fil rouge est clair, à savoir que la souveraineté ne s’achète pas. Elle se pratique par des accords équilibrés, et par une volonté partagée de créer de la valeur réelle pour les peuples, et non pour des intérêts égoïstes.
Dans ce cadre, le Niger apparaît comme un exemple particulièrement révélateur de cette dynamique de co-développement. Les échanges entre Alger et Niamey ne se réduisent pas à des protocoles d’assistance. Ils incarnent une vision d’un continent qui avance en réseau, où la densité des partenariats est la meilleure réponse à la fragmentation économique et politique. On voit se dessiner, à travers des mécanismes de coopération technique, énergétique et éducative, une approche qui privilégie l’investissement dans les capacités humaines et les infrastructures productives. Le Niger, comme d’autres Etats frères, devient un laboratoire de ce que pourrait être une Afrique qui se soigne de ses blessures historiques en avançant ensemble vers la résilience économique et l’intégration régionale.
Le chemin du co-développement est semé d’écueils, de mésententes et de dépendances qui ne se transforment pas en justice sociale du jour au lendemain. L’Algérie, comme d’autres grandes nations, doit continuer à mettre l’accent sur des partenariats transparents qui valorisent les capacités locales, renforcent les chaînes de valeur et protègent les écosystèmes économiques. En cela, le passé de lutte et d’anti-impérialisme peut servir de boussole. Il rappelle que la souveraineté demeure un travail collectif, que le développement n’est pas une dépense mais un investissement dans une sécurité humaine plus large, et que la coopération est un choix politique autant qu’économique.
Les déclarations du Premier ministre à Niamey fait ressortir le véritable pouvoir des nations africaines qui est la capacité à tisser, ensemble, les fils d’un destin collectif.
— Par Nabil.G

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