mardi , 29 novembre 2022

Le culte de la démagogie et des illusions

Le pôle urbain baptisé «Ahmed Zabana » devait constituer les fondements d’une nouvelle ville moderne, et voire même une «ville intelligente», disaient certains anciens responsables locaux et acteurs-animateurs des illusions et des mensonges servis à l’opinion oranaise depuis plus de cinquante ans.
Le pôle urbain Ahmed Zabana n’est en réalité qu’une nouvelle grande cité d’habitat périphérique, à l’image de toutes les anciennes cités dortoirs construites dans des conditions architecturales et urbaines des plus lamentables. Des cités, situées dans certains quartiers périphériques et dans la grande zone connue désormais sous le nom de «USTO» et qui sont restés très longtemps dépourvues de toutes structures sociales, culturelles ou sportives permettant d’assurer une vie collective sereine et agréable.
A ce jour, à la cité des 1245 Lgts de L’Usto/Hlm, le seul bureau de poste existant depuis plus de trente ans est toujours situé dans un appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation. Des terrains nus, destinés initialement à l’extension d’une école primaire et d’un CEM ont été détournés et affectés à des particuliers durant la période lugubre du non-droit et de la grande prédation. A ce jour, les allées poussiéreuses ou boueuses en hiver, les rats sortant des caves inondées, les indus occupants squattant les vides sanitaires et les espaces communs, et l’amoncellement des ordures non ramassées font partie d’un décor devenu banal.
Une «clochardisation» qui dure depuis des années malgré les quelques opérations de rafistolage menées ici et là par des gestionnaires municipaux dépassés par l’ampleur de l’anarchie urbaine à tous les coins et recoins de la cité.
Au niveau du nouveau pôle urbain «Ahmed Zabana », la dégradation du cadre de vie a atteint un seuil alarmant, nourrie comme toujours à la fois par le laxisme et la nonchalance des gestionnaires municipaux et par les pratiques et comportements d’un grand nombre de résidents qui participent activement ou inconsciemment à la clochardisation du cadre vie collectif.
Les images de ces charrettes de vendeurs de fruits et légumes, de produits alimentaires et même de poissons exposés au soleil toute la journée durant, illustrent on ne peut mieux le lamentable décor du nouveau «pôle urbain» jadis inscrit sous le label de «Nouvelle ville d’Oran» dans un «plan de modernisation» qui ne servait en fait qu’au culte de la démagogie et des illusions… Ainsi va Oran.
Par S.Benali