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Le président de la République au Sommet Russie-Afrique : « La véritable stabilité ne peut être importée ni imposée par la force »

Le président de la République au Sommet Russie-Afrique

« La véritable stabilité ne peut être importée ni imposée par la force »

« La consolidation de la sécurité et de la stabilité sur notre continent passe impérativement par l’élimination des derniers vestiges du colonialisme en Afrique, à savoir la question du Sahara occidental », a affirmé le chef de l’Etat.

À l’occasion du troisième Sommet Russie-Afrique, tenu à Moscou, le président de la République a plaidé pour un approfondissement de la coopération entre la Russie et les pays africains. Dans une allocution lue en son nom par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, il a appelé à traduire les engagements politiques en initiatives concrètes, sur la base du respect mutuel et de l’égalité. Le chef de l’État a souligné «l’importance de traduire la volonté politique commune en projets concrets et en résultats tangibles», afin d’intensifier les échanges commerciaux, de stimuler les investissements et d’élargir la coopération au bénéfice des peuples russe et africains. Il a également réaffirmé la volonté de l’Algérie de renforcer ses liens avec les pays du continent, de soutenir leur développement, de favoriser le partage d’expertise et de promouvoir la coopération Sud-Sud. Selon le Président Tebboune, ces efforts doivent contribuer à répondre aux besoins de développement de l’Afrique et à consolider l’intégration entre ses pays.

Parmi les projets structurants évoqués figurent la route transsaharienne, les interconnexions énergétiques et de télécommunications ainsi que le gazoduc transsaharien (TGSP). Le Président a aussi cité les initiatives destinées à rendre pleinement opérationnelle la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Abdelmadjid Tebboune a salué le rôle de la Russie dans le développement de ses relations avec les pays africains et dans l’accompagnement des efforts du continent en faveur du développement socioéconomique. Il a par ailleurs insisté sur l’intérêt d’élargir les domaines du partenariat russo-africain et de renforcer le dialogue sur les enjeux régionaux et internationaux, au service de la paix et de la sécurité.

Dans son allocution, le président de la République a également souligné que la stabilité du continent passe par le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et par l’élimination des derniers vestiges du colonialisme. Il a déclaré : « Notre continent, riche d’une histoire de lutte contre toutes les formes de colonialisme, d’exploitation et d’imposition du fait accompli, demeure attaché au principe d’autodétermination conformément à la légalité internationale ».

Il a ajouté : « La consolidation de la sécurité et de la stabilité sur notre continent passe impérativement par l’élimination des derniers vestiges du colonialisme en Afrique, à savoir la question du Sahara occidental ». A ce sujet, le Président Tebboune a salué les efforts du Conseil de sécurité, qui ont permis la reprise, au début de l’année, des négociations entre les parties au conflit sous l’égide des Nations unies. Il a également exprimé sa reconnaissance à la Russie pour « sa position constante et de principe en faveur du droit à l’autodétermination» et pour « son engagement ferme à soutenir le processus onusien et les efforts de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies, en vue de parvenir à un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».

« L’Algérie réitère son soutien à ce processus et affirme qu’une solution juste et durable ne saurait prospérer que dans le cadre d’une solution politique consensuelle garantissant au peuple sahraoui son droit authentique à l’autodétermination conformément à la légalité internationale », a-t-il poursuivi. Le Président a aussi mis en garde contre les ingérences extérieures dans les affaires des États africains, estimant qu’elles alimentent les tensions, aggravent les divisions et prolongent les crises, au détriment de la paix, de la sécurité et du développement. « La véritable stabilité ne peut être importée ni imposée par la force », a-t-il affirmé. Elle est, selon lui, « l’aboutissement naturel du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, et d’un dialogue politique inclusif conduit par les enfants du pays eux-mêmes ». Il a également souligné que l’Algérie est « convaincue que la sécurité et la stabilité en Afrique ne sauraient être réalisées indépendamment d’un développement socio-économique inclusif ».

Evoquant les défis sécuritaires du continent, Abdelmadjid Tebboune a appelé à une stratégie globale contre le terrorisme et l’extrémisme violent, associant réponses sécuritaires et action sur les causes profondes de ces phénomènes. En sa qualité de Champion de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le chef de l’État a défendu une «approche continentale fondée sur la prévention, l’anticipation et le renforcement des capacités des Etats face aux menaces terroristes».

Le président de la République a par ailleurs renouvelé son appel à une réforme de la gouvernance mondiale, afin que l’Afrique occupe une place plus importante dans les instances internationales. Il a notamment insisté sur «la nécessité de réformer le Conseil de sécurité des Nations unies afin de garantir une représentation africaine juste et équitable dans le processus de prise de décision à l’échelle internationale, conformément à la position africaine commune, notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte».

Yahia Bourit

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