EDITO

Les jeunes, la vérité et l’intérêt de la nation

Pris au piège de cercles haineux qui les utilisent comme de la chair à canon médiatique ou hameçonnés par un titre de séjour qui ne vient jamais, de jeunes Algériens se retrouvent dans une situation très difficile à l’extérieur du pays. L’initiative du Président Tebboune à cette frange de la société, perdue entre deux réalités, est confirmée par le Conseil des ministres et constitue un appel de la patrie. L’on sait, en effet, que beaucoup de jeunes Algériens se sont retrouvés pris dans les filets d’officines politiciennes hostiles à l’Algérie qui, sous couvert de démocratie et de liberté d’expression, les ont transformés en soldats du mal, sans qu’ils n’en sachent grand-chose. Sur les réseaux sociaux, on voit ces jeunes proférer de fausses nouvelles, mais à force de répétitions, elles passent pour des faits.
A travers cet appel d’Algérien à Algériens, le Président donne sa véritable dimension à l’Etat, celle de protecteur de ces jeunes contre les dérives. Le propos est justement de leur éviter une aggravation de leurs situations. L’initiative présidentielle leur redonne des repères clairs, les sécurise et leur ouvre de sérieuses perspectives dans leur pays. L’acte patriotique et humain du chef de l’Etat ne doit pas être une fin en soi, mais le début d’un processus. L’Algérie de l’unité et la réconciliation entre ses enfants se doit de garantir une coordination entre les ministères de l’Éducation, de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires Étrangères, afin de tracer des itinéraires concrets et sensibiliser la jeunesse à l’effet de savoir faire la différence entre la critique constructif et les propos destructeurs de la nation.
La mission est loin d’être aisée, mais elle demeure essentielle, voire prioritaire en ces temps de guerres hybrides où la manipulation des jeunes passe pour des armes de destruction massive des sociétés. On a vu cela aux quatre coins du monde, et on le constate présentement au même moment où ces lignes s’écrivent. Ce n’est donc pas une affaire banale qu’on prendrait à la légère. En cela, les médias ont une responsabilité particulière. Leur rôle n’est pas d’alimenter la polémique à grand tirage, mais de favoriser une information responsable, contextualisée et vérifiée. Les chiffres et les slogans ne remplacent pas le soin apporté à la vérité et à l’humanité des personnes concernées. Lorsque des propos polarisants circulent, il convient de les désamorcer par des reportages rigoureux, des témoignages croisés et des éclairages sur les mécanismes de radicalisation et de dérive identitaire. Ce propos n’est pas que théorique. Il peut être mis en application, mais cela suppose une collaboration sincère et volontaire entre les médias et les pouvoirs publics.
Cela pour dire que l’appel du Président est certes, un excellent repaire sur ce que devra être la mission de l’Etat, mais c’est également une amorce nécessaire sur une politique de communication novatrice qui met la vérité au centre de l’intérêt supérieur de la nation.

Par Nabil.G

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