Oran Aujourd'hui

Lutte contre le trafic de cocaïne : Oran en première ligne

Lutte contre le trafic de cocaïne : Oran en première ligne

Les importantes saisies de cocaïne réalisées ces derniers temps par les services de la Sûreté nationale dans la région Ouest, avec le récent démantèlement de deux réseaux criminels internationaux pilotés depuis le Maroc et certains pays européens, replacent Oran au coeur d’un combat devenu stratégique. Longtemps considérée comme une simple ville de transit, la capitale de l’Ouest est aujourd’hui confrontée à une menace autrement plus complexe: celle de puissantes organisations criminelles qui cherchent à faire de ses infrastructures portuaires, de son intense activité commerciale et de sa position géographique une porte d’entrée vers le reste du pays. L’opération conduite par les enquêteurs du Service régional de lutte contre la criminalité organisée d’Oran illustre le haut niveau de professionnalisme atteint par les services de sécurité. Les investigations, menées durant plusieurs mois, ont permis de mettre au jour une organisation parfaitement structurée, disposant de relais internationaux, de moyens logistiques importants et de circuits financiers sophistiqués. Ce succès vient s’ajouter à une longue série d’opérations qui, ces dernières années, ont permis de saisir plusieurs tonnes de cannabis, des quantités importantes de psychotropes, de cocaïne et d’arrêter de nombreux trafiquants. Cette réalité confirme que les pouvoirs publics ne relâchent pas leurs efforts.

À Oran, les investissements dans la modernisation des équipements de contrôle, le renforcement de la coopération entre les différents corps de sécurité et la multiplication des opérations de terrain témoignent d’une volonté réelle de préserver la stabilité de la wilaya. Les résultats sont là et méritent d’être salués. Mais ces victoires successives mettent également en évidence l’ampleur du défi. À chaque réseau démantelé, un autre tente de prendre sa place. Les organisations criminelles disposent de ressources financières considérables et adaptent continuellement leurs modes opératoires. Elles exploitent les nouvelles technologies, les circuits du blanchiment d’argent, les complicités ponctuelles et les failles que peut offrir un espace économique aussi dynamique que celui d’Oran.

Notre ville n’est pas devenue une plaque tournante parce qu’elle serait plus vulnérable que d’autres. Elle est surtout victime de son statut de grand pôle économique, de son port, de ses zones industrielles, de ses importants flux de marchandises et de voyageurs, ainsi que de sa proximité avec les grands axes reliant l’Ouest du pays. Ce qui fait la force économique d’Oran constitue également un défi permanent pour les services chargés de protéger les frontières économiques de la nation.

Certains continuent pourtant d’expliquer abusivement la progression du trafic par le chômage, les difficultés sociales ou le présumé manque de perspectives offert à une partie de la jeunesse. Ces facteurs peuvent certes favoriser le recrutement de quelques exécutants, mais ils n’expliquent en rien l’expansion d’un trafic aujourd’hui contrôlé par des réseaux criminels internationaux. Les véritables décideurs se trouvent bien audelà de nos frontières. Ils manipulent des filières transnationales où la drogue, le blanchiment d’argent, la corruption et d’autres formes de criminalité organisée s’entremêlent dans une logique exclusivement financière.

Oran a toujours démontré sa capacité à relever les grands défis. Aujourd’hui, face à des réseaux criminels qui portent atteinte à la sécurité de l’État et menacent l’avenir de notre jeunesse, elle doit continuer à faire bloc autour de ses institutions. Les importantes opérations menées par les services de sécurité montrent que la riposte est engagée. Pour être durable, elle devra cependant s’accompagner d’un travail de fond afin que notre métropole demeure ce qu’elle ambitionne d’être : une ville ouverte sur la Méditerranée, mais fermée aux trafiquants qui cherchent à faire prospérer le poison de la drogue sur son territoire.

— Par S.Benali

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