La guerre des énergies
La tension sur les produits énergétiques, consécutive aux conflits qui se perpétuent au Proche-Orient et en Europe de l’est, repose une nouvelle fois la question sur les modèles énergétiques à l’échelle de toute la planète. Les pays d’Asie et d’Europe sont dans une démarche de réduction de la part des hydrocarbures dans leur mix énergétique. Les progrès de la Chine dans l’énergie solaire et nucléaire sont significatifs. D’autres pays observent l’évolution des technologies et en adoptent certaines, justement pour ne plus dépendre des énergies fossiles. Les deux guerres, en Ukraine et dans le Golfe persique, sont de nature à accélérer la dynamique de défossilisation, rendant à terme l’apport énergétique des hydrocarbures marginal. On peut en vouloir pour preuve la vitesse à laquelle avance le processus d’électrification des engins de transport.
Cette évidence interpelle, au premier chef, les pays qui détiennent les richesses gazières et pétrolières. Leur obligation est on ne peut plus claire : diversifier, au plus tôt, leurs économies et s’intégrer dans le nouveau paradigme énergétique. Cela passe bien entendu par le développement des ressources alternatives en la matière. Il se trouve, heureusement pour ces États, et l’Algérie est directement concernée, que la nature les a dotés d’un potentiel non négligeable en énergies renouvelables. Le développement de l’hydrogène vert constitue, en cela, un bel exemple d’adaptation à la nouvelle donne. D’ailleurs, l’Europe occidentale a bien saisi l’enjeu et lancé avec l’Algérie le fameux projet du Corridor South H2, dédié au transport de l’hydrogène. Associé à ce projet, celui du Medlink, servira à fournir, via un câble sous-marin, de l’électricité solaire à l’Europe.
Cela pour dire que l’Algérie est déjà dans une profonde dynamique de transformation de son mix énergétique et candidate pour être l’exemple à suivre dans ce domaine. Même si elle en est à ses premiers balbutiements, la stratégie énergétique nationale a d’abord le mérite de donner un axe à suivre pour l’actuelle générations et celles qui suivent. Il y a lieu de retenir également le poids que prennent les énergies renouvelables dans cette stratégie. Et Dieu sait notre immense et inépuisable réserve en la matière.
L’insistance que l’on devine aisément dans la recherche de solutions satisfaisantes pour l’exploitation de ces gisements finira sans doute un jour par porter ses fruits au sens où un laboratoire algérien implanté en Algérie finira par découvrir la formule qui permettra une exploitation pérenne et économique des énergies renouvelables, de sorte à donner au pays l’opportunité d’orienter ses hydrocarbures, exclusivement, vers la pétrochimie. Ce point de la recherche scientifique est essentiel. C’est la clé de la dépendance et de la sauvegarde de la souveraineté énergétique du pays.
Par Nabil.G