Quelles voies de sortie pour le Mali ?
Le Mali vit sa énième crise. La guerre que se livrent les belligérants n’est pas la conséquence d’une ingérence étrangère, mais celle d’une vision étriquée d’une junte qui a choisi d’isoler le Mali. Ce qui l’a considérablement affaibli au triple plan militaire, économique et social. Ainsi, au moment où ses alliés de l’AES en sont aux projets de développement dans leurs pays respectifs, le président Goïta se noie dans une gesticulation stérile qui n’apporte rien à son pays. Son malheur est certainement de n’avoir pas vu ses concitoyens, s’intéressant prioritairement à une géopolitique qui l’a mis au banc du Sahel.
Mais il serait réducteur de tout mettre sur le dos du régime putschiste de Bamako. Ce dernier est justement la conséquence directe des ingérences occidentales. Il est évident, en effet, qu’à chaque fois que les occidentaux entrent dans un conflit dans une région ou une autre de la planète, ils provoquent des catastrophes sécuritaires et économiques. Le Sahel ne fait pas exception et plus encore le Mali qui a souffert de la guerre lancée par Sarkozy en Libye et l’occupation, qui ne disait pas son nom, de son territoire par l’armée française.
Aujourd’hui, abandonné à son triste sort, le Mali peine à trouver une voie de sortie d’une situation des plus complexes. Les observateurs avertis du Sahel insistent sur l’importance d’organiser la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme qui sévit dans le Sahel, dont le Mali est le Tallon d’Achille. Mais comment organiser une lutte de cette nature, lorsqu’on feigne d’ignorer que les marionnettistes qui font bouger les groupes armés sont identifiables, pour peu que la communauté internationale veuille s’intéresser sérieusement à la question du Sahel.
Les patriotes maliens, et ils sont nombreux, doivent savoir qu’aucune ingérence n’est salutaire, que le compter sur soi est l’unique moyen de relever leur pays. Il s’agit d’abord de la réconciliation nationale. Il devient impératif de s’entendre entre patriotes du nord et du Sud, revenir à l’accord d’Alger et combattre le grand fléau qui empêche le pays de sortir de l’ornière du sous-développement : le terrorisme. Sans cela, toutes les stratégies de développement resteront vaines, car elles ne s’attaqueront pas aux racines profondes du mal.
Le Mali, comme ses voisins du Sahel, doit sortir de cette spirale de crises successives, en retrouvant sa souveraineté et sa dignité. La communauté internationale a un rôle à jouer , mais à condition de se positionner en partenaire respectueux. Sa mission sera de sortir le Mali d’une logique destructrice qui en fait un simple terrain d’affrontements géopolitiques. En un mot comme en mille, la solution à la crise malienne passe par une approche humaine, politique et équilibrée, qui privilégie la stabilité à long terme plutôt que des gains immédiats. Mais tout cela dépend prioritairement de la volonté des Maliens eux-mêmes.
Par Nabil.G