
Retrait de l’Algérie de la liste grise du GAFI : un signe fort pour l’économie nationale
Cette reconnaissance témoigne d’un environnement financier plus transparent, ce qui constitue un levier pour encourager les investissements étrangers directs.
Lors de sa réunion au siège de l’OCDE à Paris, qui s’est tenue, ce vendredi, le Groupe d’action financière (GAFI) a officiellement retiré l’Algérie de sa « liste grise » des juridictions sous surveillance renforcée. Ce retrait, adopté à l’unanimité par les membres du GAFI, marque une étape décisive dans l’évolution du système financier algérien, témoignant des efforts soutenus du pays pour renforcer la transparence, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Inscrite sur la liste grise en octobre 2022, l’Algérie a rapidement mis en œuvre un plan d’action ambitieux pour corriger ces défaillances. Les autorités centrales ont mobilisé l’ensemble des institutions nationales dans cette démarche. La modification et le renforcement de l’arsenal législatif ont été au cœur de cette stratégie : la loi n° 25-10 du 24 juillet 2025 a été révisée par la loi n° 05-01 du 6 février 2025, afin d’améliorer les contrôles et les sanctions. Un registre public des bénéficiaires effectifs des personnes morales a également été mis en place pour renforcer la transparence sur la propriété des sociétés et autres structures juridiques.
De plus, la Banque d’Algérie a publié en 2025 un rapport d’évaluation sectorielle sur les risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme dans le secteur bancaire et auprès d’Algérie Poste. Par ailleurs, le ministère des Finances a accru la vigilance en renforçant les contrôles auprès des notaires, experts-comptables et autres acteurs clés du secteur financier. La consolidation de ces mesures a permis de bâtir un dispositif robuste, conforme aux standards internationaux en vigueur. La communauté internationale a ainsi témoigné sa confiance renouvelée dans la capacité de l’Algérie à lutter efficacement contre la criminalité financière.
La sortie de la liste grise du GAFI a suscité beaucoup de réactions, dont celle du Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA). Son président, Kamel Moula, a salué cette avancée comme un « signal positif » pour l’économie nationale. Selon lui, cette décision renforcera la confiance des opérateurs économiques locaux et étrangers, facilitera les échanges commerciaux et attirera davantage d’investissements. Le CREA, représentant les entreprises publiques et privées, voit dans cette étape une opportunité de consolider la croissance durable, fondée sur la transparence, la compétitivité et la création de valeur.
Il faut savoir qu’être en conformité avec les standards internationaux permet de rassurer les partenaires étrangers, d’accroître la crédibilité des banques locales et de fluidifier les transactions internationales. De plus, cette reconnaissance témoigne d’un environnement financier plus transparent, ce qui constitue un levier pour encourager les investissements étrangers directs. En outre, cette étape s’inscrit dans une démarche de modernisation et d’intégration de l’économie algérienne dans le système financier mondial. Elle contribue à renforcer la stabilité économique et à rassurer les investisseurs potentiels sur la volonté du pays de respecter les normes internationales de lutte contre la criminalité financière, relève le président du CREA.
Ainsi, la sortie de l’Algérie de la liste grise du GAFI représente une victoire pour la crédibilité et la stabilité de l’économie nationale. Cela ouvre une étape majeure dans la réforme du secteur financier algérien, tout en envoyant un signal fort à la communauté internationale sur la détermination de l’Algérie à bâtir une économie plus ouverte, transparente et résiliente.
Dans un contexte mondial de plus en plus exigeant en matière de transparence financière, cette reconnaissance officielle du GAFI renforce la position de l’Algérie sur la scène internationale et ouvre la voie à de nouvelles opportunités de développement économique. La route vers une croissance durable et inclusive est désormais plus accessible, portée par la volonté politique et la rigueur des réformes entreprises.
Anissa Mesdouf



