Transition énergétique : une nouvelle agence pour gérer le secteur
Un décret exécutif publié dans le Journal officiel (N° 56) marque une étape clé dans la stratégie de transition énergétique en Algérie. Il établit l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie et l’efficacité énergétique (ANMEEE), en fusionnant deux organismes existants que son l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE).
Ce décret, n° 26-268 du 23 juillet 2026, crée un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, placé sous la tutelle du ministère chargé de l’Énergie, avec son siège à Alger.
Ce regroupement s’inscrit dans une vision stratégique visant à renforcer la gouvernance du secteur énergétique. La nouvelle agence devient l’instrument principal de mise en œuvre de la politique nationale en matière de développement, promotion et valorisation des énergies renouvelables, de maîtrise de l’énergie et d’efficacité énergétique. Elle doit jouer un rôle central dans la réalisation de la Stratégie nationale de maîtrise de l’énergie à l’horizon 2035, visant à accélérer la transition vers un système énergétique plus sobre, durable et respectueux de l’environnement.
Les missions de l’ANMEEE sont vastes et structurantes. Elle sera responsable de l’élaboration et du suivi du Programme national de maîtrise de l’énergie, de la promotion des énergies renouvelables, ainsi que de la réalisation d’études technico-économiques et d’audits énergétiques dans les secteurs du bâtiment et de l’industrie. Elle apportera également un appui technique aux collectivités locales, aux organismes publics, aux entreprises et aux porteurs de projets. La gestion des bases de données sur la consommation énergétique, l’établissement des bilans énergétiques et carbone, ainsi que l’organisation de formations et l’examen des dossiers d’agrément des bureaux d’études et experts seront également de son ressort.
Le décret précise que l’ANMEEE pourra conclure des marchés, contrats, conventions, créer des filiales ou des annexes, et développer des partenariats tant avec des institutions nationales qu’étrangères. Cette souplesse lui permettra d’adapter ses actions aux défis de la transition énergétique et d’accroître son efficacité.
Sur le plan institutionnel, la transition prévoit la dissolution progressive de l’APRUE et du CEREFE, avec transfert intégral de leurs biens, droits, obligations et personnel à la nouvelle agence. Ce transfert doit être réalisé dans un délai maximal de six mois après la publication du décret.
En attendant la mise en place complète de ses organes et de ses structures, ces deux organismes continueront à assurer leurs missions, à prendre en charge leurs salaires et dépenses de fonctionnement, et à honorer leurs engagements, garantissant ainsi la continuité du service public et la stabilité des actions engagées.
Ce mouvement s’inscrit dans une démarche globale de réorganisation institutionnelle, visant à optimiser la gouvernance du secteur énergétique en Algérie.
La création de l’ANMEEE répond aussi aux engagements du pays dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, en favorisant le développement des énergies renouvelables et en améliorant l’efficacité énergétique. Ces mesures constituent des piliers essentiels dans la mise en œuvre du programme de transition énergétique, en cohérence avec les objectifs fixés pour 2035, notamment la diversification du mix énergétique, la réduction de la dépendance aux hydrocarbures, et la lutte contre le changement climatique.
En résumé, ce décret marque une étape stratégique pour l’Algérie, en renforçant son cadre institutionnel et opérationnel dans un contexte mondial de transition vers des systèmes énergétiques plus durables et respectueux de l’environnement.
La nouvelle agence, par ses missions étendues et son organisation modernisée, est appelée à jouer un rôle moteur dans la réalisation des ambitions nationales en matière de transition énergétique, tout en contribuant au développement économique et social du pays.
Yahia Bourit



