
Route transsaharienne : un corridor stratégique pour l’Afrique
L’Algérie œuvre à intégrer le projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset dans une vision globale, en tant que complément stratégique à la route transsaharienne, un axe favorisant la mobilité des personnes et le transport des marchandises.
Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, M. Abdelkader Djellaoui, a souligné, lundi à Alger, l’importance centrale de l’Algérie dans la réalisation de la Route transsaharienne. Il a réaffirmé son engagement à continuer de soutenir ce projet continental stratégique, qui joue un rôle clé en tant que vecteur d’intégration et de développement en Afrique. Lors des travaux de la 77e session du Comité de liaison de la Route transsaharienne (CLRT), M. Djellaoui a précisé que « l’Algérie joue un rôle de premier plan dans ce projet continental, auquel elle a adhéré dès les premières années de son indépendance, partant de sa profonde conviction quant à la nécessité de concrétiser et de promouvoir l’intégration africaine à travers le développement des échanges commerciaux et l’interconnexion des pays concernés ».
Le ministre a insisté sur l’importance de cette route comme principal vecteur de développement socioéconomique et comme un levier pour améliorer les conditions de vie des populations des pays traversés. Il a réitéré le plein soutien de l’Algérie aux efforts visant à transformer ce projet en un corridor économique efficace et intégré, adoptant « une nouvelle approche globale intégrant divers domaines névralgiques tels que les routes, les chemins de fer, la fibre optique, les réseaux énergétiques et les services logistiques ».Dans ce cadre, il a relevé que l’Algérie œuvrait à intégrer le projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset dans cette vision globale, en tant que « complément stratégique à la Route transsaharienne, représentant à la fois un axe favorisant la mobilité des personnes et le transport des marchandises, ainsi qu’un catalyseur pour les investissements ». M. Djellaoui a également mis en avant les efforts de l’Algérie pour achever les tronçons restants de la Route transsaharienne au Tchad, où « les préparatifs sont en cours pour la réalisation de deux tronçons par des entreprises nationales ». A cela s’ajoute la signature récente de mémorandums d’entente avec le Niger, portant sur « le renforcement de l’échange d’expertises dans le domaine des travaux publics, en vue d’accélérer le rythme de réalisation et de consolider le processus d’intégration et d’interconnexion continentale ». Dans le même ordre d’idées, il a annoncé le lancement prochain des travaux pour la ligne ferroviaire Ouargla-Hassi Messaoud via El-Meniaa, précisant que « le marché a été attribué de gré à gré à des entreprises nationales ».
D’autre part, le représentant du secteur tchadien des infrastructures, Abakar Nassri Tchoroma, a souligné que « l’Algérie joue un rôle central dans la concrétisation de cet important projet et dans l’impulsion d’une dynamique forte permettant d’atteindre ses objectifs majeurs à long terme », saluant « l’appui apporté par l’Algérie à son pays dans ce domaine ». De son côté, le représentant du secteur nigérien des équipements, Abba Nakoira Bachir, a insisté sur « l’importance de ce projet stratégique, qui permettra à son pays d’acheminer diverses marchandises de et vers les ports du nord du continent, ce qui donnera une nouvelle dynamique au commerce nigérien et fera du Niger un hub stratégique ».
Le représentant nigérian des travaux publics, Bassey Ekong, a également salué « le rôle de l’Algérie dans la réalisation de plusieurs projets continentaux d’envergure, notamment celui de la Route transsaharienne, qu’il a qualifié d’»apport majeur pour l’Afrique», notamment en matière de renforcement du commerce intra-africain ». Quant au représentant du secteur routier tunisien, Khaled Latrach, il a souligné que cette rencontre était essentielle pour « évaluer les réalisations accomplies par les États membres et intensifier les efforts en vue de parachever les projets programmés ». L’ouverture de cette rencontre de deux jours a eu lieu en présence du ministre, wali d’Alger, M. Mohamed Abdenour Rabehi, ainsi que de la secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Affaires africaines, Mme Selma Bakhta Mansouri, et de nombreux représentants d’organismes et d’établissements publics. En marge des travaux, M. Djellaoui a présidé une cérémonie en l’honneur de la famille du défunt Mohamed Ayadi, ancien Secrétaire général du Comité de liaison de la Route transsaharienne, en reconnaissance de « sa précieuse contribution au service de ce projet continental stratégique et de son rôle actif dans le renforcement de la coopération et de l’intégration entre les pays africains ».
Anissa Mesdouf



