Santé au travail : l’Algérie place le bien-être psychosocial au cœur de sa nouvelle stratégie
Sous le slogan « Pour un environnement de travail sain sur les plans psychologique et social », l’Algérie a célébré hier la 22ème Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Cette édition, marquée par une forte mobilisation gouvernementale, consacre un changement de paradigme en plaçant la santé mentale du travailleur comme une priorité absolue du développement national.
La cérémonie d’ouverture, tenue au Centre familial de Ben Aknoun à Alger, a été présidée par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, aux côtés du ministre de la Santé, le Pr. Mohamed Seddik Aït Messaoudene. En présence de hauts responsables de l’État, de représentants du Parlement et de l’UGTA, ainsi que de délégués d’organisations internationales, M. Saihi a souligné que la protection du capital humain est désormais le pilier central de la pérennité des entreprises. Il a rappelé que la santé et le bien-être des travailleurs sont au cœur des préoccupations du président de la République, s’inscrivant dans une approche globale de justice sociale et de dignité humaine.
Cette nouvelle approche ne se limite pas à la sécurité physique, mais s’attaque frontalement aux risques psychosociaux et au stress professionnel, des facteurs qui impactent directement la performance et la stabilité sociale. L’Algérie s’affirme d’ailleurs comme un leader régional en la matière, étant l’un des huit pays sélectionnés pour participer aux travaux d’experts à Genève sur la santé au travail face aux défis climatiques. Cette reconnaissance internationale souligne l’efficacité des réformes législatives algériennes, qui imposent désormais aux employeurs une prévention proactive plutôt qu’une simple gestion curative des accidents.
Les chiffres présentés lors de cette journée témoignent d’une dynamique de terrain sans précédent. Avec plus de 269 000 interventions de contrôle et 135 000 recommandations techniques émises, les services de l’inspection du travail renforcent leur pression pour garantir des milieux sains. Parallèlement, l’effort de formation a bénéficié à 24 000 travailleurs, tandis que 87 000 examens médicaux préventifs ont été réalisés, prouvant que la médecine du travail est le premier rempart contre l’usure professionnelle.
Pour pérenniser ces acquis, le secteur de la santé a annoncé le lancement d’un Plan national stratégique de santé en milieu professionnel pour la période 2026-2030. Ce programme vise à moderniser les systèmes de veille et à renforcer la coordination entre les différents secteurs ministériels. La rencontre s’est conclue par la signature de plusieurs conventions de coopération, scellant l’engagement des partenaires sociaux et économiques à faire de la prévention une culture d’entreprise partagée pour une Algérie prospère et protectrice de ses travailleurs.
Noreddine Oumessaoud



