
Le professeur en sciences économiques, Houari Tighersi : la numérisation, un levier stratégique pour le développement économique et social de l’Algérie
L’Algérie a réalisé des avancées concrètes et tangibles dans le domaine de la numérisation, devenue aujourd’hui un pilier central de sa stratégie de développement économique et social. C’est ce qu’a affirmé hier le docteur Houari Tighersi, professeur en sciences économiques, en commentant le contenu du dernier communiqué du Conseil des ministres, qui a salué les progrès enregistrés dans ce secteur clé.
Intervenant hier sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, l’hôte de la radio nationale a souligné que plusieurs secteurs ministériels et services publics ont connu une transformation numérique notable, notamment ceux liés aux collectivités locales, à la justice, à l’emploi et à la sécurité sociale. Selon lui, ces avancées traduisent une réelle volonté de modernisation de l’action publique et d’amélioration de la qualité des services offerts aux citoyens. Le docteur Tighersi a expliqué que l’Algérie dispose désormais d’une infrastructure numérique solide, fruit de la mise en œuvre de la stratégie nationale de numérisation pilotée par les instances compétentes, en particulier le Haut-Commissariat à la numérisation. Cette dynamique s’inscrit dans le cadre du plan de transformation numérique à l’horizon 2030, élaboré par la Haute Commission de la numérisation, visant à renforcer l’interconnexion et l’interopérabilité entre les différents secteurs gouvernementaux. Il a également rappelé que les premières expériences de numérisation en Algérie reposaient sur des systèmes vulnérables et insuffisamment protégés. Toutefois, les investissements consentis dans les infrastructures ont permis de renforcer la sécurité des données, d’améliorer les mécanismes d’authentification, de restreindre les accès non autorisés et de développer des capacités de chiffrement et de détection des cyberattaques, plaçant ainsi les plateformes numériques nationales dans une meilleure posture face aux risques cybernétiques.

Abordant les projets structurants, le professeur Tighersi a qualifié le deuxième Centre national des services numériques, en cours de réalisation à Blida, de projet stratégique majeur. Avec un taux d’avancement dépassant les 70 %, cette infrastructure contribuera, selon lui, à renforcer la souveraineté numérique nationale à travers le traitement sécurisé des données et le développement de services numériques à forte valeur ajoutée. L’expert a, par ailleurs, mis en avant la cohérence et la complémentarité entre les différents secteurs numérisés, citant notamment les collectivités locales, la santé, la protection sociale, l’emploi, l’éducation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle. Cette synergie structurelle et fonctionnelle constitue, selon lui, un socle essentiel pour la réussite de la stratégie nationale de numérisation.
Pour le professeur Tighersi, la numérisation des procédures administratives et la mise en place de bases de données souveraines représentent un levier fondamental pour l’efficacité des politiques publiques, notamment dans les domaines des services bancaires, du soutien social et de la lutte contre la bureaucratie et la corruption. Il a insisté sur le fait que la mise en œuvre efficace des mécanismes de soutien social prévus par la loi de finances repose impérativement sur la disponibilité de données fiables, actualisées et interconnectées entre les différents secteurs. Il a également indiqué que plus de 51 % des secteurs et des parcours administratifs ont déjà été numérisés, tout en soulignant que le principal défi réside désormais dans la collecte, l’exploitation et la valorisation optimale des données. Cet enjeu est crucial pour améliorer les revenus des citoyens, réduire les coûts des transactions, renforcer le climat des affaires, encourager l’investissement et favoriser la transition vers une économie du savoir fondée sur la transparence.
Évoquant le secteur agricole, le docteur Tighersi a rappelé son importance stratégique pour l’économie nationale, avec une contribution estimée à près de 15 % du produit intérieur brut et un chiffre d’affaires dépassant les 38 milliards de dollars. Il a précisé que ces performances pourraient être doublées dans les années à venir grâce à une meilleure exploitation du potentiel existant. Selon lui, l’Algérie dispose d’environ 8,5 millions d’hectares de terres arables sur un total de 50 millions d’hectares de foncier agricole. Il a évoqué, à ce titre, les orientations du président de la République visant la mise en valeur de plus de 3 millions d’hectares supplémentaires, soutenues par des mesures opérationnelles concrètes. Le professeur Tighersi a plaidé pour une numérisation intelligente et inclusive du secteur agricole, reposant sur les technologies modernes sans marginaliser le facteur humain. Il a appelé à une implication accrue des start-up et à un passage.
Noreddine Oumessaoud



