Affaire à suivre
C’est exactement au milieu du cessez-le-feu de 15 jours observé par les Américains et les Iraniens depuis le 8 avril dernier, que le président américain vient annoncer aux journalistes, et donc au monde entier, que les choses sont en train de sérieusement bouger sur ce dossier. Il a même déclaré, dans un élan d’optimisme étonnant, qu’il se pourrait qu’il se rende lui-même à Islamabad, capitale du Pakistan, si un accord avec l’Iran visant à mettre fin au conflit est conclu.”Si un accord est signé à Islamabad, il se peut que j’y aille. Ils veulent ma présence.»
À le croire , il semblerait que les choses vont dans ce sens, puisque selon lui, l’Iran aurait accepté la quasi-totalité des conditions, y compris concernant le très délicat dossier du nucléaire, où il a avancé que Téhéran avait accepté de renoncer à l’uranium enrichi, parlant certainement des fameux 450 kilogrammes que les Américains veulent récupérer. À cela il faut ajouter son intention de prolonger le cessez-le-feu, qui pour rappel, devrait prendre fin la semaine prochaine.
Ce changement d’événements est dû, selon Trump, à sa décision de blocage du détroit d’Ormuz qui aurait précipité les choses. Mais avec le locataire de la Maison Blanche, il faut toujours s’attendre à la phrase de trop. Et elle n’a pas tardé à venir quand Trump a dit aux journalistes” Vous voulez la vérité? Le blocage d’Ormuz est peut-être plus puissant que les bombardements.” Une malheureuse phrase qui tombe après les dégâts considérables causés aux infrastructures de l’Iran qui se comptent par milliards de dollars, que ce pays mettra des années à reconstruire et qui privent des générations entières d’infrastructures vitales, entre routes, ponts, écoles, universités et bien d’autres. Une phrase qui vient surtout après la mort de milliers de personnes sous les bombardements de l’armée américaine et sioniste.
Mais pour Trump le plus important est ailleurs. Il croit être tout proche d’arriver à son objectif de s’en sortir du guêpier dans lequel il s’est mis, et surtout avec cette sensation de pouvoir enfin se déclarer grand vainqueur dans une guerre qui a sérieusement ébranlé son statut et poser plusieurs interrogations sur sa personnalité et sa capacité à pouvoir exercer ses fonctions.
Mais il ne faut pas croire que tout est pour autant terminé, car ce n’est là qu’un chapitre écrit par Trump, selon sa version des faits, et il ne fait aucun doute que les jours à venir apporteront d’autres éclairages sur la suite des évènements et leur véracité.
Par Abdelmadjid Blidi