Eau potable : le défi de l’entretien et de la maintenance
Lors d’une récente visite du wali sur des chantiers relevant du secteur de l’hydraulique à travers des communes de la wilaya, plusieurs avancées ont été constatées. Un nouveau réservoir d’eau, d’une capacité de 2 000 m³, a été mis en service à Oued Tlélat.
Par ailleurs, un projet de raccordement au réseau d’alimentation en eau potable d’une cité de 300 logements a été lancé dans la commune d’Aïn El-Bia. À Sidi Chahmi, le wali a inspecté les travaux de réalisation du réseau d’assainissement destiné à l’Institut de lutte contre le cancer. Des instructions ont été données à l’entreprise de travaux concernée, lui enjoignant de respecter les délais de réalisation fixés à trois mois.
Le wali a également examiné un plan de renforcement de l’alimentation en eau potable au profit de la zone industrielle de Tafraoui ainsi que des zones desservies par le réservoir d’El Arraba. Ce plan prévoit la réalisation de deux nouveaux réservoirs d’une capacité respective de 5 000 et 2 000 m³, ainsi que la mise en place de stations de pompage, afin d’améliorer durablement la distribution de l’eau potable dans cette vaste zone appelée à devenir un important pôle urbain et économique au sud-est de la ville. Il est évidemment réjouissant de constater que plusieurs opérations sont engagées dans le cadre d’une dynamique impulsée par les pouvoirs publics pour sécuriser durablement l’alimentation en eau potable à travers la wilaya d’Oran. La mise en service, en février 2025, de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Blanc semble avoir été le véritable déclencheur de cette nouvelle phase marquée par l’accélération des projets: connexion au réseau, construction de grands réservoirs, réfection des conduites détériorées et maintenance des équipements indispensables à la production et à la distribution de l’eau potable. Cependant, de nombreux observateurs avertis s’interrogent depuis longtemps sur le décalage persistant entre la réalisation de projets de logements ou d’infrastructures, comme l’Institut du cancer, et la mise en place effective des réseaux d’eau potable et d’assainissement.
Les zones industrielles d’Oued Tlélat et de Tafraoui illustrent aujourd’hui parfaitement ce déséquilibre, où les infrastructures sortent de terre plus vite que les services essentiels censés les accompagner. Selon certaines sources, depuis la mise en service de la station de dessalement de Cap Blanc, dotée d’une capacité de 300 000 m³/jour, la production globale d’eau potable de la wilaya dépasse désormais les 800 000 m³/jour.
Pourtant, certains ont pu croire que cette seule infrastructure suffirait à répondre durablement aux besoins croissants de la ville et de sa région. Il fallait donc impérativement renforcer les capacités de stockage, réhabiliter les conduites vétustes et réaliser de nouvelles infrastructures de pompage afin d’accompagner l’expansion urbaine et le développement économique. À défaut, on risquerait de voir se multiplier ces situations paradoxales où l’on inaugure des équipements modernes , tout en s’efforçant de régler au quotidien les contraintes et insuffisances liées à l’entretien et à la maintenance des installations et des canalisations…
Par S.Belani