Oran Aujourd'hui

Lutte contre les infractions aux règles urbaines dans les chantiers de construction

Deux étages d’une promotion immobilière en cours de réalisation, construits en extension sans aucune autorisation et en infraction aux dispositions du permis de construire, ont été purement et simplement démolis la semaine dernière par la cellule de protection de l’environnement assistée des services de l’APC et en présence du wali d’Oran. Ce chantier de promotion immobilière narguait visiblement les riverains et les habitants qui se demandaient pourquoi et comment cet opérateur aurait obtenu un permis de construire lui permettant de dépasser la hauteur des constructions imposée par les règlements dans cette zone urbaine attractive.
Selon la cellule de la communication de la wilaya d’Oran, il s’agissait bel et bien d’une infraction à la loi car les deux étages ont été ajoutés au projet du constructeur sans aucune autorisation délivrée par les services concernés. Une pratique qui rappelle à bien des égards les anciennes dérives et turpitudes jadis connues durant l’ancien mode de gestion des affaires locales marqué par les passe-droits, la prédation et l’anarchie à tous les niveaux. «Le temps de la loi du plus fort et de l’impunité est révolu», écrivait un commentateur sur les réseaux sociaux.
Bien d’autres citoyens ont applaudi à cette décision du wali qui vient encore une fois de prouver la volonté des pouvoirs publics de mettre un terme au désordre urbain forgé par le non-respect des normes et règlements en vigueur. La lutte contre les extensions commerciales et l’occupation illicite des espaces ne se résume pas seulement à l’enlèvement des tables de marchands informels et des obstacles divers entravant la circulation des véhicules et des piétons, mais concerne également les abus, les dérives et les atteintes aux règles urbaines observées ici et là dans certains chantiers de construction immobilière. Mais pour bon nombre d’observateurs, le retour à une «normalité urbaine» reste encore conditionné par la capacité des institutions locales concernées à faire admettre et à imposer les lignes directrices des plans d’occupation des sols à court et à moyen terme.
On sait malheureusement que bon nombre de quartiers et de zones urbaines restent encore pénalisés par l’absence, ou la non approbation, de ces outils fondamentaux de gestion urbaine. Le PDAU, plan directeur d’aménagement urbain du grand Oran, élaboré à partir de 1994 et approuvé en 1997 pour encadrer le développement et maîtriser la croissance urbaine de l’agglomération reste à ce jour en vigueur malgré l’évolution rapide de l’agglomération, ce qui pose de sérieux questionnements sur sa pertinence face à la croissance démographique et aux nouveaux projets urbains. Une tentative de révision a été engagée il y a cinq ans pour actualiser le PDAU à travers une étude confiée à l’URBOR. Une étude qui reste encore en attente de finalisation et d’approbation.
Fatalement, les POS des différents secteurs et zones urbaines de la grande ville restent eux aussi en attente de révision ou d’approbation, ce qui, bien souvent, favorise des prises de décisions hâtives et inappropriées, notamment en matière de réglementation des hauteurs de constructions dans différents quartiers dits «résidentiels».
Par S.Benali

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