La course vers l’inconnu
Attaque ou pas attaque ? Guerre ou pas guerre? Si ce n’était la délicate et dramatique situation que peut créer toute guerre, on se serait cru dans un mauvais western où le shérif met son pistolet sur la tempe de son adversaire et l’invite à discuter. Le président américain, Donald Trump a, ainsi, fait converger une armada, jamais vue auparavant, vers le Golfe persique, la Méditerranée et le Pacifique, pour menacer l’Iran d’une attaque militaire, tout en l’invitant à discuter. Et c’est l’image du shérif que l’on reprend à grande échelle.
Des discussions que Trump veut autour du nucléaire et des armes balistiques iraniennes. Mais cette injonction a été refusée par Téhéran qui n’accepte de discuter qu’autour du premier volet, à savoir le nucléaire. Autant dire que les choses font du surplace et les risques d’une confrontation restent sérieusement posées.
Mais avec Trump on ne sait jamais comment peuvent se développer les choses, et à tout moment tout peut basculer dans l’irréparable. Dans une région comme celle du Moyen-Orient, une autre guerre aura les conséquences les plus désastreuses et pourrait engager bien plus qu’un face à face entre les Américains et les Iraniens. Bien d’autres pays seront de la partie, à commencer par l’entité sioniste qui pousse vers cette guerre, au bout de laquelle, elle espère en finir avec ce qu’elle considère comme son premier ennemi de la région.
Une guerre où même les pays arabes du Golfe pourraient se retrouver, de manière directe ou indirecte, impliqués. Une nouvelle guerre qui , immanquablement, façonnera profondément une autre carte dans cette région déjà secouée par plusieurs conflits.
Cette reconfiguration inévitable redessinera une nouvelle donne et de nouvelles forces géostratégiques, qui à ce niveau de perspectives, se fera en faveur de l’entité sioniste qui apparaît comme le grand gagnant des différents soubresauts qui ont secoué cette région durant les dix dernières années.
Trump qui avait pourtant fait sa campagne autour de la promesse de ne plus engager son pays dans les conflits extérieurs, semble changer de paradigme et est en train d’ouvrir des conflits un peu partout, notamment en Amérique latine et au Moyen-Orient. Une politique de guerre permanente qui n’augure rien de bon pour la paix et la stabilité dans le monde et qui risque, avec la nouvelle course à l’armement nucléaire, de basculer dans des confrontations à grande échelle entre les superpuissances mondiales.
Par Abdelmadjid Blidi