La nécessité d’un grand projet de consolidation et de réhabilitation du théâtre régional
Parmi les chantiers inscrits dans la démarche annoncée de restauration et de valorisation du patrimoine culturel figure la réhabilitation du Théâtre régional Abdelkader Alloula. Classé monument historique en 2021, ce bel édifice occupe il est vrai une place centrale dans la vie urbaine et culturelle oranaise.
En décembre 2025, la direction locale de la culture avait annoncé que les procédures administratives pour le lancement du projet de restauration ont été finalisées. L’entreprise chargée des travaux ainsi que le bureau d’études assurant le suivi auraient même été choisis et retenus. Les travaux devaient en principe débuter en ce début du mois de mars en cours, et de façon partielle, afin de préserver la continuité des activités artistiques et d’éviter la fermeture totale du théâtre durant les travaux.
Mais les Oranais, parmi les plus âgés, se souviennent que le bel édifice du Théâtre régional Abdelkader Alloula avait fait plusieurs fois l’objet d’opérations dites de restauration et réhabilitation. Mais ce n’était en réalité que de banales actions de «rafistolages», de peintures de façades et d’aménagement commandités par d’anciens décideurs locaux installés au chevet de la ville et de ses édifices fragilisés par le temps et le laxisme du vieux système de gestion.
Certains sites, dont le Palais de la culture, le Conservatoire municipal, le théâtre de verdure, la promenade Ibn Badis (ex-l’étang), ou le grand «jardin des plantes» de M’dina Jdida, ont chacune connu jadis des opérations coûteuses et répétées inscrites évidemment au registre de la maintenance et de la préservation du patrimoine urbain. Après le siège de la grande poste, du grand Hôtel et celui de la grande mairie qui vient de rouvrir ses portes après 15 ans de fermeture pour travaux de réhabilitation, c’est aujourd’hui le bel édifice mitoyen abritant le théâtre régional d’Oran qui donne des signes d’usure nécessitant un vrai grand projet de consolidation et de réhabilitation. On se souvient qu’en décembre 2015, les activités du théâtre Abdelkader Alloula ont été suspendues quelques temps suite à une légère fissure partielle d’un balcon, avec chutes de pierre qui, fort heureusement n’a pas fait de victimes. Un accident survenu lors de la représentation d’une pièce pour enfants, » El Assad ouel Hattab».
Mais ce mini-effondrement d’un bout de balcon en pleine représentation théâtrale pour des enfants, est resté inscrit au registre des simples petits faits divers sans importance qui allaient être vite oubliés par l’opinion.
Mais depuis, les mauvaises langues locales se demandent souvent en quoi des opérations de simple «sablage» des murs de façades et de réfection des peintures et de divers décors, peuvent permettre de garantir durablement la solidité des structures de l’édifice? Depuis quelques temps, certains commentateurs évoquent abusivement de présumés effets de vibrations néfastes, provoquées par le passage incessant du Tramway juste à côté de cet édifice fragilisé par le temps.
Par S.Benali