Oran Aujourd'hui

Des retards qui perdurent

Notre confrère à Ouest Tribune a évoqué lundi dernier dans un article la situation paradoxale de ces projets immobiliers «embourbés depuis des années dans l’immobilisme», alors que la commune d’Aïn El Türck, à fort potentiel touristique, espère toujours concrétiser le fameux projet de Zone d’Extension Touristique (ZET) inscrit il y a longtemps au programme de développement local.
Des projets, explique notre ami Karim, qui stagnent depuis des décennies en raison de divers contentieux datant des années 90, et qui n’ont jamais pu être résolus. Ce qui soulève encore une fois des interrogations sur la volonté et la capacité du vieux système de gouvernance locale défaillant en matière de gestion foncière du territoire communal.
Citant en exemple d’anciens projets touristiques lancés et abandonnés, comme ce complexe de 100 bungalows en dur devenu une plaie urbaine dans la localité de Cap Falcon à vocation touristique, notre confrère à mis le doigt à juste titre sur les anciennes carences et défaillances du vieux système de gestion obsolète, devant être revu et corrigé.
Et c’est en réalité presque toutes les communes qui sont aujourd’hui affectées par des dysfonctionnements pénalisant les projets de développement dans différents secteurs. Notamment sur le territoire de la commune d’Oran où il suffit d’égrener quelques grands projets, réalisés ou en attente de lancement, pour mesurer l’ampleur des anciens déficits de rigueur et d’efficacité: La Grande Mosquée Ibn Badis, livrée après près de trois décennies d’attente.
La frange marine, le long de la pénétrante autoroutière vers le port d’Oran, dont l’aménagement reste encore en attente. La tour dite de l’hôtel Châteauneuf, une carcasse de béton d’une quinzaine d’étages qui depuis plus d’un demi-siècle nargue le regard des passants et des visiteurs. Le complexe culturel et artisanal de haï Sabah, que l’on a déclaré achevé mais qui reste encore sans vie, en attente d’exploitation. Le cinquième périphérique, inlassablement inachevé dans sa dernière tranche.
À cela s’ajoutent d’autres chantiers devenus presque invisibles tant ils s’enlisent dans les retards et l’oubli: La réhabilitation sans cesse annoncée du quartier de Sidi El Houari. La restructuration des quartiers précaires des Planteurs et de Ras el-Aïn.
Les promesses d’une ligne ferroviaire à grande vitesse vers Tlemcen. L’aménagement de la Sebkha et la protection de la zone humide de Daïa Morsli. Ou encore la restauration intermittente du patrimoine historique du Châteauneuf, notamment le Palais du Bey et la mosquée du Pacha. Et puis il y a aussi ces projets devenus fantômes, désormais connus seulement à travers les annonces qui reviennent comme des litanies administratives : la rénovation de la rue et du marché des Aurès, ex-La Bastille, perpétuellement évoquée, mais jamais accomplie.
Ainsi, bien souvent à Oran, le temps des projets ne suit pas le calendrier des hommes.

Par S.Benali

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