Le défi de la performance et de la modernité
Dans la commune de Hassi Bounif un marché couvert abandonné à été aménagé en salle de sport inaugurée la semaine dernière en présence du wali d’Oran, du Directeur de la Jeunesse et des Sports, du chef de daïra de Bir El djir, du maire de Hassi Bouñif et de bon nombre d’élus de la commune.
Cette toute nouvelle salle de sport baptisée au nom du moudjahid Taleb Ahmed, a été saluée par de nombreux habitants, notamment par les jeunes des cités d’habitat des alentours où une telle structure faisait défaut et était même revendiquée par une frange de la population. Sur les réseaux sociaux bon nombre de commentateurs ont applaudi à cette opération qui a permis de répondre à une attente populaire et aussi de récupérer une partie de la structure en charpente métallique coûteuse qui devait initialement servir de marché couvert mais qui n’a jamais été exploitée.
Laissée à l’abandon pendant presque une vingtaine d’années, elle a été saccagée, vandalisée, subissant le vol de barres métalliques par les revendeurs de métaux ferreux. Devenue même un abri et lieu de beuverie nocturne pour des énergumènes, marginaux ou délinquants, l’endroit était devenu l’un des pires désagréments pour les habitants du voisinage, sous le regard passif et l’indifférence des anciens responsables municipaux de l’époque.
Et ce n’est que depuis ces cinq dernières années que les autorités locales ont inscrit au programme d’action cette opération d’aménagement d’ une structure permettant aux jeunes de la commune de s’épanouir en pratiquant leur sport favori. Une louable initiative, mais qui prive néanmoins les habitants d’un marché couvert de proximité bien utile aux ménages.
Des observateurs avisés ne cessent quant à eux de s’interroger sur l’origine et les causes réelles de ce genre d’échecs et de débâcle à «l’actif» de l’ancien système de gestion des affaires communales qui a généré ici et là à travers les communes des inepties ahurissantes, notamment en matière de gestion, de maintenance et de fonctionnement des marchés de fruits et légumes à travers les communes et les quartiers.
On sait que l’ampleur du commerce informel de fruits et légumes sur les trottoirs squattés, parfois même le long de ruelles entières enlevées à la circulation routière, a favorisé la montée d’une «concurrence déloyale» poussant les marchands, bénéficiaires d’un étal de vente légal, à quitter le marché couvert pour une place sur l’espace public. Bon nombre de mauvaises langues locales n’hésitent pas à accuser d’anciens gestionnaires municipaux de «complicité passive» dans le désordre et l’anarchie envahissante de plus en plus difficile à éradiquer.
Car pour répondre efficacement aux défis de la performance et de la modernité, toute solution crédible envisagée devrait s’inscrire dans une vision à long terme et une stratégie globale d’aménagement et d’organisation du territoire dans les différents domaines de l’activité sociale et urbaine.
Par S.Benali