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Dessalement de l’eau de mer : l’Algérie renforce sa sécurité hydrique avec une production record

Face au stress hydrique croissant, l’Algérie accélère le développement du dessalement de l’eau de mer, devenu un levier stratégique majeur pour garantir l’approvisionnement en eau potable à l’échelle nationale.

Invité hier de la radio nationale, la Chaîne 3, l’assistant du PDG de la Société Algérienne de Dessalement de l’Eau, Mouloud Hachlaf, a présenté un état des lieux détaillé du secteur, soulignant que le dessalement s’impose désormais comme un pilier incontournable de la stratégie nationale en matière de sécurité hydrique. S’inscrivant dans les orientations fixées par les plus hautes autorités du pays, cette dynamique repose sur la diversification des ressources en eau et l’amélioration continue du service public. Dans ce cadre, les capacités de production ont connu une évolution notable ces dernières années.
Longtemps considérée comme une solution d’appoint, l’eau dessalée couvre désormais 42 % des besoins nationaux en eau potable, contre seulement 18 % auparavant. Cette progression significative s’explique notamment par la mise en service, en février 2025, d’un programme complémentaire ayant permis d’accroître rapidement les capacités. À titre d’illustration, la station de Macta produit à elle seule 420 000 m³ par jour, tandis que cinq nouvelles méga stations ont injecté plus de 370 millions de mètres cubes dans le réseau national. Concernant l’organisation du secteur, M. Hachlaf a précisé que la Société algérienne de dessalement intervient exclusivement en tant que producteur. Une fois traitée, l’eau est transférée à l’Algérienne des Eaux, chargée de sa distribution auprès des citoyens. Afin d’assurer une production continue, un programme rigoureux de maintenance préventive est mis en œuvre. Les interventions techniques sont planifiées de manière à limiter les arrêts à une durée maximale de six jours, avec deux à trois opérations annuelles portant sur les systèmes de captage, les membranes d’osmose inverse et les installations électriques. Toutefois, le fonctionnement des stations demeure tributaire des conditions environnementales. En cas de fortes intempéries, l’augmentation de la turbidité de l’eau peut entraîner des arrêts de sécurité. L’encrassement des grilles de captage par des algues ou des déchets constitue également un défi technique nécessitant parfois des investissements supplémentaires pour adapter les équipements. Sur le plan financier, l’effort consenti par l’État est conséquent. Si le coût d’une station classique est estimé à environ 250 millions de dollars, celui des mégastations peut atteindre 420 millions de dollars. Dans cette perspective, un second programme complémentaire, doté d’une enveloppe dépassant le milliard de dollars pour sa première phase, prévoit la réalisation de six nouvelles unités. Trois projets sont déjà en cours dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem, particulièrement touchées par le stress hydrique. À l’approche de la saison estivale, les responsables du secteur se veulent rassurants. Le calendrier de maintenance a été adapté afin d’éviter toute interruption durant les périodes de forte consommation. Les installations fonctionneront à pleine capacité pour garantir un approvisionnement stable en eau potable sur l’ensemble du littoral. « Nous travaillons dans la prévention pour ne jamais subir », a conclu M. Hachlaf, réaffirmant l’engagement des autorités à consolider durablement ces infrastructures stratégiques.

Noreddine Oumessaoud

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