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Commerce extérieur : vers le lancement d’un guichet unique des exportateurs, visant le hors-hydrocarbures

Lors d’une journée d’information consacrée à l’intégration de l’Algérie dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a annoncé jeudi, le lancement imminent du guichet unique des exportateurs.

Cette nouvelle plateforme numérique vise à simplifier, accélérer et dématérialiser l’ensemble des procédures administratives liées à l’exportation. Cette réforme s’inscrit en droite ligne avec les ambitions de l’État qui cherche à lever les obstacles bureaucratiques et à améliorer la compétitivité du produit national sur un marché continental en pleine mutation. Cette offensive numérique vient consolider un arsenal juridique et institutionnel déjà renforcé par la création, en septembre 2025, de l’Organisme algérien des exportations. Face aux opérateurs économiques et en présence du Directeur général des Douanes, le Général-Major Abdelhafid Bakhouche, le ministre a insisté sur l’opportunité historique que représente la ZLECAf. Ce marché gigantesque de plus de 1,3 milliard de consommateurs a franchi un cap décisif : depuis le début de l’année 2025, vingt-cinq États membres ont supprimé leurs droits de douane sur 90% des lignes tarifaires, ouvrant la voie à un démantèlement total des barrières douanières d’ici 2030.
Pour l’Algérie, l’objectif prioritaire reste la diversification des exportations hors hydrocarbures. Kamel Rezig a ainsi exhorté les entreprises locales à investir massivement les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, de la pharmacie et des services. Le dynamisme récent des foires économiques régionales prouve que le potentiel est réel. La dernière Foire des produits algériens à Nouakchott, en Mauritanie, a réuni plus de 350 entreprises et débouché sur 72 accords commerciaux. De plus, la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF), organisée à Alger, a permis de capter des contrats estimés à 11,4 milliards de dollars pour le pays, confirmant son statut de hub économique émergent avant les prochains rendez-vous prévus au Niger, au Tchad et au Sénégal.
Le secteur privé soutient pleinement cette dynamique mais appelle à aller encore plus loin. Intervenant au nom du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), le vice-président Chakib Boublenza a plaidé pour la mise en place concrète d’un « couloir vert » afin d’accorder des facilités douanières et logistiques prioritaires aux exportateurs. Le patronat rappelle que les capacités humaines et logistiques du pays doivent être dimensionnées à la hauteur du boom démographique africain, le continent devant franchir la barre des 2,5 milliards d’habitants d’ici le milieu du siècle.

Noreddine Oumessaoud

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