Evênement

Soudan : l’ONU intensifie ses efforts diplomatiques en vue d’une désescalade du conflit

Des signes d’ouverture émergent dans les efforts diplomatiques visant à désamorcer le conflit au Soudan sur fond de crise humanitaire qui s’aggrave, a indiqué le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric.

A Nairobi, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, a rencontré le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Hemedti, après des échanges récents à Khartoum (capitale du Soudan) avec le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah Al-Burhan. «Ces consultations ont constitué une occasion constructive d’échanger des points de vue et d’explorer des pistes concrètes de désescalade et de protection des civils.
Toutes les parties prenantes ont exprimé leur volonté de coopérer avec les Nations unies et l’envoyé personnel», a déclaré lundi le porte-parole de l’ONU. Si ce signal est jugé encourageant, l’ONU souligne la nécessité de résultats rapides. Cette dynamique «doit se traduire rapidement par des progrès concrets pour mettre fin aux souffrances de tous les Soudanais, une fois pour toutes», a ajouté Dujarric.

Les structures de santé ciblées, situation humanitaire aggravée

Avec plus de 33,7 millions de personnes ayant besoin d’une aide vitale, le pays fait face à «l’une des crises humanitaires et sanitaires les plus graves au monde aujourd’hui». Les attaques contre les structures de santé aggravent encore la situation. Dans l’Etat du Nil Blanc, une attaque de drone contre l’hôpital universitaire d’Al Jabalayn, jeudi dernier, a tué 10 membres du personnel médical et administratif et blessé 22 autres, perturbant gravement les services.
Quelques jours plus tôt, une frappe de drone contre l’hôpital universitaire d’Al-Daein, au Darfour-Est, avait fait au moins 64 morts, dont des patients et des soignants, et 89 blessés. D’autres incidents, notamment des pillages d’hôpitaux et des violences contre le personnel de santé, ont également été signalés. «Le personnel médical et les installations doivent être protégés, comme l’exige le droit international humanitaire», rappellent les Nations unies. Depuis le début du conflit, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a vérifié plus de 200 attaques contre des services de santé, ayant causé plus de 2.000 morts.
Face à l’ampleur des besoins, l’ONU lance un appel urgent à la mobilisation internationale. Le Plan de réponse humanitaire 2026, qui nécessite 2,9 milliards de dollars pour venir en aide à plus de 20 millions de personnes, n’est financé qu’à 16 %, avec seulement 465 millions de dollars disponibles. Dans ce contexte, l’ONU insiste que le Soudan «ne peut pas faire face à cette crise seul», appelant à une action politique et humanitaire décisive.

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