
Dans un message à l’occasion du 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 : le Président dénonce le mensonge du colonialisme porteur de civilisation
À l’occasion de la Journée nationale de la Mémoire marquant le 81e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé jeudi dernier un message dans lequel il a réaffirmé l’attachement de l’Algérie au devoir de mémoire et dénoncé les crimes coloniaux perpétrés contre le peuple algérien.
Dans son message, le président de la République a souligné que le peuple algérien commémore, chaque 8 mai, « l’un des plus atroces massacres et crimes de génocide contre l’humanité de l’époque contemporaine », rappelant que cette tragédie demeure une page profondément marquée par « la haine coloniale » et le mépris du droit à la vie. Le chef de l’Etat a estimé que les massacres du 8 mai 1945 constituent l’une des pages les plus sombres de l’histoire humaine, dénonçant des pratiques coloniales qu’il a qualifiées de déchéance morale dépourvue de toute valeur civilisationnelle. Il a également critiqué les discours de certains milieux extrémistes qui continuent, selon lui, à défendre l’idée d’un « colonialisme porteur de civilisation et de progrès », malgré les crimes commis contre le peuple algérien.
Il a affirmé que le peuple algérien « se remémore une page profondément empreinte de la haine coloniale, parmi les plus sombres que l’humanité ait connues, incarnant un mépris flagrant du droit à la vie. Une page qui traduit une déchéance morale dépourvue de toute valeur civilisationnelle, dont des milieux extrémistes continuent jusqu’à aujourd’hui de se vanter et de défendre en brandissant, toute honte bue, le mensonge du +colonialisme porteur de civilisation et de progrès+ ». Le Président Tebboune a rappelé, qu’« à l’opposé total de ces allégations fallacieuses », les massacres du 8 mai 1945 furent perpétrés contre des Algériens sans défense, parmi lesquels des femmes et des enfants, alors qu’ils réclamaient pacifiquement leur droit à la liberté. Il a évoqué les bombardements, les exécutions et les violences massives ayant causé la mort de 45.000 martyrs à Sétif, Guelma et Kherrata.
« Les massacres du 8 mai 1945 furent un génocide perpétré contre des Algériens sans défense, dont des femmes et des enfants, sur leur propre terre et dans leur propre patrie. Ils réclamaient leur droit à la liberté et furent exterminés collectivement (45.000 martyrs) sous les bombardements de l’artillerie et les chenilles des engins militaires, avec une extrême froideur et une haine ardente », a ajouté le chef de État. Il a décrit, dans son discours, des scènes d’horreur marquées par l’incendie de villages entiers, des exécutions collectives et l’ensevelissement de dizaines de victimes dans des fosses communes durant plusieurs jours. Des événements qu’il a qualifiés de scènes « indélébiles de l’Histoire », condamnant ceux qui prônent l’oubli ou le déni de ces crimes. « Durant ces journées douloureuses, les scènes d’horreur se multiplièrent : villages entiers incendiés, exécutions effroyables, des dizaines de martyrs entassés dans des fosses communes à Sétif, Guelma et Kherrata pendant plusieurs jours. Des scènes insoutenables, indélébiles de l’Histoire, qui accablent leurs auteurs d’infamie et d’opprobre et condamnent les partisans de l’oubli et du déni, leurs descendants, de la faillite de position face à des vérités établies », a dénoncé le président Tebboune.
Il a souligné que les sacrifices consentis lors des massacres du 8 mai 1945 ont constitué le prélude au déclenchement de la Glorieuse Révolution du 1er Novembre 1954. « Les martyrs de l’Algérie tombés lors de ces massacres tragiques furent le ferment qui précipita le déclenchement du glorieux 1er Novembre, après que les échos de la répression du peuple algérien aspirant à la liberté eurent atteint l’opinion publique internationale aux quatre coins du monde, portant ainsi notre juste cause jusqu’aux tribunes des Nations unies », a-t-il ajouté. Pour le chef de l’État, « ces sacrifices douloureux demeureront à jamais l’un des chapitres glorieux de notre histoire contemporaine et resteront présents, dans tous leurs détails, dans le dossier de la Mémoire, qui constitue l’un des fondements essentiels pour bâtir des relations affranchies de la glorification outrancière d’une époque coloniale sombre et injuste, ainsi que d’un discours extrémiste prisonnier d’une nostalgie illusoire et révolue. »
Il a, par ailleurs, salué les différentes initiatives historiques, intellectuelles et culturelles organisées chaque année à travers les universités, les écoles, les maisons de jeunes et les centres culturels pour préserver la mémoire nationale et transmettre les gloires de l’Algérie aux générations montantes. Dans ce cadre, il a annoncé avoir instruit le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit de concrétiser deux projets. Le premier concerne l’organisation d’assises nationales de la Mémoire et de l’Histoire, tandis que le second porte sur l’élaboration d’un projet de loi relatif à la Mémoire nationale. « (…) j’annonce avoir instruit le ministère des Moudjahidine et des Ayants-droit de procéder à la concrétisation de deux projets. Le premier projet porte sur des assises nationales de la Mémoire et de l’Histoire et le second concerne la préparation d’un projet de loi relatif à la Mémoire nationale, en fidélité aux martyrs des massacres du 8 mai 1945 et aux martyrs de l’Algérie », lit-on dans le même discours.
Le président Tebboune a indiqué que ces initiatives s’inscrivent dans une démarche de fidélité envers les martyrs des massacres du 8 mai 1945 ainsi qu’envers tous les martyrs de la nation. « En cette Journée nationale de la Mémoire, commémorant le 81e anniversaire de ces massacres, nous nous recueillons avec déférence à leur mémoire pure et nous renouvelons notre engagement à préserver leur serment et à servir notre chère patrie et le vaillant peuple algérien, dans une Algérie victorieuse, fière et digne », a indiqué le président Tebboune.
« Vive l’Algérie, gloire et éternité à nos valeureux martyrs », a conclu le président de la République.
Mohand S



