L’insoutenable retour estival des odeurs des eaux usées
Comme chaque année, à l’approche des fortes chaleurs estivales, le cauchemar des rejets d’eaux usées ressurgit dans plusieurs quartiers d’Oran, replongeant les habitants dans un quotidien fait de nuisances, d’odeurs pestilentielles et de risques sanitaires alarmants. Une situation devenue presque banale à force de se répéter, mais qui demeure pourtant inadmissible dans une grande métropole censée aspirer au rang de ville moderne et touristique. Le long du troisième périphérique, non loin du rond-point des Trois Cliniques, mais aussi dans plusieurs artères du centre-ville et des quartiers populaires, les odeurs liées aux émanations d’égouts se multiplient.
Parfois il s’agit d’ eaux stagnantes débordant sur la chaussée et le trottoirs, pendant que des relents nauséabonds s’élèvent sous une chaleur écrasante, transformant certains endroits en véritables foyers de contamination. Au marché de la Bastille, notamment au niveau des commerces de poissons et des étals de fruits et légumes, le spectacle est tout simplement révoltant. Des flaques d’eaux polluées serpentent entre les clients et les commerçants, au beau milieu d’un espace censé répondre aux normes minimales d’hygiène. Les visiteurs désertent progressivement les lieux, rebutés par les odeurs infectes et l’insalubrité visible à ciel ouvert. Une question revient avec insistance chez les riverains: d’où proviennent exactement ces écoulements d’eaux usées qui réapparaissent chaque été sans qu’aucune solution durable ne soit engagée ? Défaillance du réseau d’assainissement ? Canalisations vétustes ? Branchements anarchiques ? Absence d’entretien préventif ? Les causes sont probablement multiples, mais une chose est certaine : l’inaction des gestionnaires locaux devient de plus en plus difficile à comprendre ou à justifier. Car au-delà du simple désagrément, il s’agit désormais d’un véritable problème de santé publique.
Le plus inquiétant demeure cette impression d’abandon et de fatalisme qui s’installe chez les habitants. Chaque année, les mêmes promesses d’intervention sont annoncées, les mêmes opérations ponctuelles de pompage ou de curage sont médiatisées, avant que les mêmes scènes ne réapparaissent quelques semaines plus tard. Une gestion au coup par coup.
Il devient urgent de sortir de la logique des interventions provisoires pour engager enfin un plan d’urgence ambitieux de réhabilitation du réseau d’assainissement. Les citoyens ont le sentiment que les services concernés se contentent d’éteindre momentanément l’incendie sans jamais traiter les causes profondes de la dégradation du réseau d’assainissement urbain.
Certes, les efforts du premier responsable de l’exécutif local demeurent visibles à travers les multiples sorties de terrain et les instructions répétées données aux services concernés. Mais un wali ne peut être à la fois gestionnaire de toute une grande wilaya, et en même temps maire de chaque commune et technicien chargé du suivi quotidien des de la maintenance urbaine. Tant que les collectivités locales, les APC et les structures techniques ne joueront pas pleinement leur rôle avec efficacité et responsabilité, les mêmes scènes d’insalubrité continueront de ternir l’image d’Oran et d’exaspérer ses habitants.
Par S.Benali