EDITO

La seule urgence du moment

Alors que l’on croyait la signature d’un accord entre Washington et Téhéran très proche, les événements de lundi ont tout chamboulé. En effet, les Iraniens ont brusquement changé de ton et manifesté un discours offensif, remettant en cause le vent d’optimisme qui semblait prévaloir jusque là. Pour les Iraniens, il n’était plus question de continuer les négociations, accusant les Américains de violer systématiquement le cessez-le feu observé jusque là. Sur un autre plan, Téhéran a expliqué suspendre les négociations à cause de la situation au Liban qui est soumis à des attaques sionistes sans interruption qui ont déjà fait plus de 3000 morts.
Et au moment où l’on s’attendait à un nouveau coup de sang du président américain et le retour à ses menaces de détruire l’Iran, on a eu une toute autre réaction. En effet, Trump tout en accusant le coup a téléphoné à Netanyahou pour le tancer, selon les informations rapportés par les médias américains. Une conversation téléphonique houleuse a eu lieu entre les deux hommes. Et citant des sources qualifiées d’officielle, ces mêmes médias ont affirmé que le locataire de la Maison Blanche s’est fermement opposé à l’intention du criminel Netanyahou de bombarder la capitale libanaise Beyrouth, lui criant: «T’es complètement cinglé», et ajoutant «Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. Sans moi, tu serais en prison. Je te sauve la mise.» Le président américain a annoncé par la suite que « Benyamin Netanyahou avait accepté de renoncer, à sa demande, à envoyer des troupes à Beyrouth.»
Cette dernière séquence confirme si besoin est, que Trump veut clore cette guerre au plus vite. Une guerre qu’il pensait au début plier en une ou deux semaines au plus, et qui finalement approche de ses 100 jours, le fragilisant aussi bien à l’intérieur des Etats-Unis que sur le plan international. Il s’est en fait avéré que les Iraniens ne sont pas cette proie facile qu’il croyait. Ils ont fait plus que résister, malgré l’impressionnante puissance de feu de la première force militaire au monde.
Sortir de ce bourbier est aujourd’hui le premier objectif du président américain qui doit faire face, dans un peu plus de quatre mois, aux élections de mi-mandat qu’il aborde dans les plus mauvaises conditions qui soient. Perdre sa majorité au Congres réduirait drastiquement sa marge de manœuvres et compliquerait grandement la deuxième moitié de son mandat. Et cela, Trump veut l’éviter à tous prix. C’est la seule urgence du moment pour lui.

Par Abdelmadjid Blidi

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