Le nœud de la guerre
Et voilà que ça recommence. Le show trumpien est de retour. Le sommet de l’Otan en Turquie a été ainsi une autre occasion pour le président américain de rappeler à tout le monde qu’il était le seul chef à bord, et que tout le monde lui devait déférence et quasi soumission. Et en plus, Trump ne s’est pas gêné pour rappeler à ses “presque désormais anciens alliés” le peu d’estime qu’il avait pour eux, notamment pour les Européens, qui de plus en plus ne s’aventurent plus à hausser le ton devant lui.
Au même moment, les Américains ont lancé une offensive d’envergure contre l’Iran qui risque de fragiliser encore plus un semblant de cessez-le-feu qui ne tient à rien, mais aussi des pourparlers hésitants qui semblent se perdre dans des rencontres saccadées, sans que l’on sache où en sont vraiment les choses.
Une reprise graduée des hostilités au moment où les Iraniens entrèraient leur guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de l’attaque americano-sioniste le 28 février dernier, alors qu’il était en compagnie des plus hauts responsables iraniens qui ont été éliminés dans leur majorité. Des funérailles qui ont duré plusieurs jours et qui ont vu des centaines de milliers de citoyens, des millions selon certaines sources, accompagner le cortège funéraire qui a sillonné les grandes villes saintes du culte chiite, que ce soit en Iran ou en Irak. Des foules qui criaient vengeance et appelaient à tuer Donald Trump.
Ce retour des hostilités fait redouter un retour réel à la guerre, telle qu’on l’a connue au début du conflit. Car cette fois on a dépassé le seul stade des escarmouches et l’armada américaine semble utiliser les grands moyens et multiplie les bombardements.
Les Américains donnent l’impression de vouloir aller beaucoup plus loin, et ne manquent pas de bomber le torse affirmant que cette fois “on va les gifler pour qu”ils comprennent.” Les choses pourraient se compliquer davantage, quand on sait que les Israéliens attendent la moindre occasion pour se mêler de la partie. Mais pour cela, ils ont besoin du feu vert de Trump et surtout des moyens militaires de l’Amérique. Et pour cela, ils multiplient les pressions et tentent de refaire le coup du 28 février et embraser la région.
À ce stade de développement de la situation, tous les scénarios restent sur la table, avec le retour à une guerre plus destructrice que la première fois, ou aussi une solution diplomatique à la surprise générale. Mais, il faut dire que tout cela se décomptera par rapport à la situation future du détroit d’Ormuz. Car c’est apparemment là que se situe le vrai nœud de cette deuxième partie de ce conflit.
Par Abdelmadjid Blidi