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Oran — Pour une série de dépassements : 152 transporteurs convoqués par la direction des transports

Les autorités passent à la vitesse supérieure pour remettre de l’ordre dans le transport urbain. La direction des transports a convoqué 152 opérateurs devant la commission des sanctions administratives, prévue le 16 juillet, à la suite de multiples infractions affectant à la fois la qualité du service et la sécurité des usagers.

Cette procédure pourrait déboucher sur des mesures sévères, allant jusqu’au retrait des autorisations d’exploitation. Au centre des griefs, des pratiques jugées anarchiques qui se banalisent sur plusieurs lignes. Les contrôleurs dénoncent notamment la multiplication des arrêts improvisés en dehors des stations officielles. Ces haltes sauvages, devenues fréquentes, désorganisent la circulation, accentuent les embouteillages et exposent les passagers à des risques inutiles, en particulier dans les zones à fort trafic.
Autre dérive pointée: la modification unilatérale des itinéraires et les fins de parcours écourtées. En soirée, certains conducteurs interrompent leurs trajets avant les terminus, invoquant des impératifs de rentabilité, comme la réduction des coûts de carburant ou le gain de temps. Une pratique qui pénalise directement les usagers, contraints de payer un service complet sans en bénéficier réellement. Ces dysfonctionnements s’inscrivent dans un contexte plus large de perturbation du réseau, particulièrement visible en période estivale. Plusieurs lignes enregistrent une baisse sensible de leur fréquence, notamment les week-ends, en raison de la réorientation de certains transporteurs vers des activités plus lucratives, comme les dessertes touristiques vers les plages. Le vendredi, la situation devient critique avec une offre de transport fortement réduite en dehors des heures de pointe. Cette raréfaction aggrave les difficultés de déplacement, surtout dans les quartiers non couverts par le tramway. Les temps d’attente s’allongent, rendant l’accès aux bus incertain, notamment entre la mi-journée et la soirée. Dans les zones périphériques, l’absence d’alternatives fiables pousse de nombreux habitants vers des solutions informelles, souvent coûteuses et peu sécurisées. Malgré l’ouverture récente de nouvelles lignes et le renforcement de certaines dessertes vers des pôles urbains comme Oued Tlélat, Misserghine ou Belgaïd, les ajustements opérés restent insuffisants face à une demande en constante évolution. À travers cette série de convocations, la direction des transports affiche sa volonté de restaurer la discipline dans le secteur et de rappeler aux opérateurs leurs obligations en matière de continuité et de qualité du service public.

Yacine Redjami

 

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