Oran — Hôpital Mohamed Seghir Nekkache : la direction annonce des poursuites judiciaires
L’administration annonce des poursuites judiciaires contre l’auteur de la séquence ainsi que contre les personnes ayant contribué à sa diffusion, estimant que les images et les commentaires qui les accompagnent portent atteinte à la réputation de l’hôpital et de son personnel. À l’origine de la controverse, une personne s’étant rendue dans l’établissement afin d’obtenir un certificat médical spécialisé en pneumologie pour compléter un dossier administratif a filmé plusieurs espaces de l’hôpital. Dans la vidéo, elle affirme notamment avoir constaté l’absence de médecins et décrit un établissement pratiquement vide. Des accusations que la direction conteste et qu’elle juge susceptibles d’induire le public en erreur.
Dans une mise au point, l’administration précise que le document sollicité ne fait pas partie, dans les circonstances évoquées, des prestations délivrées par l’établissement. Selon elle, ce type de certificat relève des structures de santé de proximité et des consultations externes compétentes. Le refus ou l’impossibilité de délivrer le document demandé ne saurait donc, selon la direction, être interprété comme la preuve d’un dysfonctionnement de l’hôpital.
Autre élément avancé pour expliquer la situation : le service concerné ne compte qu’un seul médecin spécialiste. Celui-ci est principalement chargé de la prise en charge des patients hospitalisés et se trouvait en congé annuel au moment où l’usager s’est présenté. Pour la direction, cette indisponibilité ponctuelle explique l’absence du spécialiste recherché, sans pour autant signifier que les autres services de l’établissement fonctionnaient sans personnel médical.
L’administration dénonce par ailleurs une présentation qu’elle estime décontextualisée. Selon elle, filmer certains espaces de travail puis les présenter comme le reflet de l’ensemble de l’activité hospitalière aurait contribué à donner une image inexacte de la réalité. Elle rappelle que les missions des établissements hospitaliers ne se confondent pas avec celles des structures de soins de proximité et que l’absence de réponse favorable à une demande particulière ne permet pas, à elle seule, de conclure à une défaillance générale. La direction met également en avant les règles encadrant l’accès aux espaces professionnels, l’accueil des usagers et la réalisation d’images au sein de l’établissement. Elle reproche à la page ayant relayé la vidéo de ne pas avoir pris contact avec l’administration avant publication afin de vérifier les informations avancées.
Une démarche contradictoire aurait, selon elle, permis d’apporter les explications nécessaires et d’éviter la diffusion d’un contenu considéré comme trompeur. C’est surtout la publication des images tournées dans les espaces de travail qui motive la riposte annoncée sur le terrain judiciaire. La direction estime que leur diffusion est susceptible de nuire à l’honneur et à l’image des médecins et des travailleurs concernés, tout en portant atteinte à la réputation de l’établissement. Elle qualifie la démarche de préoccupante et affirme vouloir utiliser les voies légales pour défendre son personnel et préserver l’image du service public hospitalier. Les poursuites annoncées visent ainsi à répondre à ce que l’administration considère comme des accusations diffamatoires et une diffusion préjudiciable d’images, plutôt qu’à la seule contestation de l’absence d’un spécialiste lors de la visite. La direction entend, par cette démarche, faire établir les responsabilités dans la production et la circulation de la vidéo. En définitive, l’hôpital cherche à replacer la séquence dans son contexte administratif et médical. Pour l’établissement, l’impossibilité d’obtenir le certificat demandé s’explique par la nature de la prestation sollicitée, les compétences respectives des structures de santé et l’absence temporaire du seul spécialiste concerné. Il appelle, dans le même temps, à vérifier les faits auprès des institutions mises en cause avant toute publication susceptible d’affecter durablement leur réputation ou celle de leurs agents.
Yacine Redjami



