
La station de dessalement de Cap Blanc à pleine capacité : une concrétisation majeure du plan présidentiel pour renforcer la sécurité hydrique
L’annonce faite le 16 août 2026 par l’Algerian Water Desalination Company (filiale de Sonatrach) marque l’aboutissement des différentes phases de montée progressive en production de la station. Après son entrée en service et l’augmentation graduelle de ses capacités, l’installation de Cap Blanc fonctionne aujourd’hui à son plein régime, conformément aux normes en vigueur. Cette performance constitue un résultat concret de la politique nationale visant à diversifier les ressources hydriques et à réduire la dépendance aux ressources conventionnelles, notamment dans les périodes caractérisées par une faible pluviométrie.
Le dessalement de l’eau de mer occupe ainsi une place centrale dans la stratégie nationale de sécurisation de l’eau potable, particulièrement dans les wilayas côtières et les grands centres urbains. À Oran, l’impact de la station du Cap Blanc est particulièrement important. Depuis sa mise en service, l’installation a déjà produit 92.345.000 mètres cubes d’eau dessalée. Ces volumes illustrent la contribution croissante de cette infrastructure au système d’alimentation en eau potable de la wilaya d’Oran et des zones avoisinantes. Avec une capacité quotidienne de 300.000 mètres cubes, la station vient renforcer de manière significative les capacités de production d’eau dessalée de la wilaya.
Sa pleine exploitation doit permettre de répondre davantage aux besoins des citoyens et de contribuer à la stabilité de l’alimentation en eau potable, une question devenue stratégique pour les grandes agglomérations algériennes. Au-delà des chiffres de production, le projet de Cap Blanc traduit également une nouvelle approche dans la réalisation des grands projets hydrauliques en Algérie. L’infrastructure a été réalisée avec des compétences et des moyens nationaux, sous la responsabilité de filiales du groupe Sonatrach.
La Société algérienne de l’énergie a assuré la maîtrise du projet, tandis que la Société nationale de génie civil et bâtiment, GCB, et l’Entreprise nationale des grands travaux pétroliers, ENGTP, ont participé à sa réalisation.
La réussite de cette opération s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de mobilisation des entreprises publiques algériennes autour de projets considérés comme prioritaires pour le pays. Le recours aux compétences nationales a permis de concrétiser un ouvrage d’une importance stratégique dans un délai qualifié de record, confirmant la capacité des entreprises algériennes à prendre en charge des infrastructures complexes dans le domaine de l’eau et de l’énergie.
Cette complémentarité entre les secteurs de l’énergie, de l’hydraulique et des travaux publics a été déterminante pour permettre à l’installation d’atteindre sa capacité nominale. L’eau produite par la station est acheminée à travers un important réseau de conduites réalisé sur 48 kilomètres. Ce dernier permet de desservir les différentes zones concernées, notamment en direction de Boutlélis à l’ouest, ainsi que vers Aïn El Türck et Mers El Kébir à l’est. L’infrastructure hydraulique constitue donc un ensemble intégré associant production, stockage, pompage et distribution. Implantée sur une superficie de 16 hectares, la station du Cap Blanc comprend 14 installations dédiées aux différentes étapes du processus de dessalement. Parmi celles-ci figurent notamment les ouvrages liés à la prise d’eau de mer, à la décantation, à la filtration et aux différentes opérations nécessaires à la production d’une eau destinée à la consommation humaine.
L’entrée à pleine capacité de la station de Cap Blanc intervient dans un contexte où l’Algérie accélère la mise en œuvre de son programme de développement des stations de dessalement. L’objectif est de faire de cette ressource une composante durable de la politique nationale de l’eau, en particulier dans les régions où la pression sur les ressources conventionnelles est importante. Le programme présidentiel consacré au dessalement apparaît ainsi, à travers les résultats enregistrés à Cap Blanc, comme une stratégie qui dépasse la simple réalisation d’infrastructures. Il s’agit de mettre en place une nouvelle architecture de la sécurité hydrique, fondée sur la disponibilité d’une ressource indépendante des précipitations et pouvant être mobilisée de manière régulière pour répondre aux besoins des populations.
Pour Oran, l’enjeu est considérable. Wilaya à forte densité de population et pôle économique majeur de l’ouest du pays, elle nécessite des capacités hydriques importantes pour assurer l’alimentation quotidienne des ménages, accompagner le développement urbain et répondre aux besoins des différentes activités économiques. La station de Cap Blanc vient précisément apporter une réponse structurelle à cette problématique.
Sa capacité de 300.000 mètres cubes par jour, combinée au réseau d’adduction et aux capacités de stockage associées, permet de renforcer la résilience du système d’alimentation en eau potable de la wilaya. À l’échelle nationale, la réalisation du Cap Blanc constitue donc l’un des exemples les plus visibles de la transformation de la politique algérienne de l’eau. Elle illustre la volonté des pouvoirs publics d’anticiper les besoins futurs plutôt que de se limiter à gérer les situations de tension au fur et à mesure qu’elles apparaissent. La mise en exploitation à pleine capacité de la station représente enfin un signal fort pour les citoyens qui est celui d’un investissement majeur dans une ressource vitale et dans la continuité du service public de l’eau.
En mobilisant Sonatrach et ses filiales, Sonelgaz ainsi que les compétences nationales, l’Algérie confirme son orientation vers une plus grande autonomie dans la production d’eau potable. À Oran, la station de Cap Blanc s’impose désormais comme un maillon essentiel de cette nouvelle politique.
Sa production quotidienne de 300.000 mètres cubes, son réseau de 48 kilomètres, ses deux réservoirs et ses différentes installations constituent un ensemble conçu pour renforcer durablement l’approvisionnement en eau potable.
L. Kawther



