
Le média britannique Middle East Eye démasque les Emirats arabes unis : «Ils sont complices de crimes de guerre»
La présence des Émirats arabes unis dans plusieurs crises régionales et africaines s’appuie sur des interventions indirectes, notamment en offrant un soutien financier à des acteurs et réseaux influents locaux, devenant ainsi le chef d’orchestre de tous les conflits, rapporte le média britannique «Middle East Eye». Cette analyse met en évidence une stratégie qui privilégie l’influence économique et le contrôle des dynamiques locales plutôt que le recours exclusif à une puissance militaire apparente. Selon ce même média, une tribune publiée par l’analyste David Hearst souligne que les Émirats «normalisent un état de guerre permanent au Moyen-Orient ». Le texte insiste sur l’idée que Abou Dhabi se présente comme « l’acteur du chaos », cherchant à amplifier son poids régional en s’appuyant moins sur une présence militaire conventionnelle que sur un ensemble de leviers financiers, des capacités aériennes, des réseaux d’alliés et des acteurs locaux mobilisés. Dans ce cadre, Abou Dhabi privilégierait « des moyens d’intervention plus discrets et indirects » et s’inscrit dans une logique d’acteur qui repose sur une implication durable dans les crises régionales et africaines.
Le média décrit ensuite les trois piliers majeurs sur lesquels l’émirat appuie son action. Il s’agit du soutien logistique aérien, la fourniture d’équipements militaires à des groupes alliés et l’orientation vers des acteurs non étatiques qui fonctionnent comme prolongement de sa politique étrangère. Cette lecture converge avec l’idée que, loin de se limiter à des actions militaires visibles, Abu Dhabi élabore « une stratégie d’influence internationale » fondée sur les ressources financières, la présence dans les secteurs économiques, sportifs et culturels, et l’utilisation d’un réseau d’intermédiaires locaux. Dans l’analyse, l’auteur cite des pays où la main des Émirats aurait été trempée, en orchestrant des actions de déstabilisation et l’alimentation de conflits, notamment au Yémen et au Soudan. Pour lui, cette combinaison entre puissance financière, manœuvres diplomatiques et interventions indirectes permet à Abou Dhabi de jouer un rôle largement supérieur à ce que laisserait supposer la taille de ce petit pays.
Les Émirats, poursuit l’auteur, « sont complices de crimes de guerre en s’alliant à l’entité sioniste alors qu’un génocide se déroule à Ghaza et en Cisjordanie occupée ». Cette phrase lourde de sens résume l’accusation centrale portée par le magazine. L’on notera à ce propos, les actions financières et les alliances locales. Celles-ci viendraient accompagner des stratégies qui faciliteraient, selon l’analyse, des scénarios de violence à grande échelle et des violations graves des droits humains. En conséquence, la tribune présente finalement les Émirats comme un acteur qui cherche à transformer ses ressources économiques en capacité d’influence géopolitique, en privilégiant les réseaux, les acteurs locaux et les moyens indirects pour gagner en influence, plutôt que par un affichage militaire classique.
Sur un autre plan, les Émirats arabes unis, auraient dit la presse internationale, mis au courant le Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Natanyhaou de l’opération du 7 octobre 2023 déclenché par le Hamas. En réponse à ces fuites dans la presse, un communiqué du ministère des Affaires étrangères des EAU précise que « les Émirats ne commentent pas les informations de presse ou les spéculations sur les conversations entre dirigeants », ajoutant que « quand cela est nécessaire, tout renseignement pertinent a été et continue d’être communiqué entre les entités concernées ». Cette position officielle illustre une frontière ténue entre transparence et réserve stratégique, alors que le récit médiatique et les analyses publiques alimentent les débats sur les véritables mécanismes d’influence des Émirats dans une région marquée par des crises récurrentes et des rapports de plus en plus critiques sur les coûts humains et politiques des interventions indirectes.
Les analystes soulignent que la capacité des Émirats à mobiliser des ressources financières et des réseaux de partenaires peut influer de manière durable sur les équilibres régionaux, tout en laissant ouvertes de nombreuses questions sur les marges de manœuvre et les conséquences à long terme pour les populations affectées par ces dynamiques.
Yahia Bourit



