Oran Aujourd'hui
Gestion du vieux bâti : le risque résiduel d’effondrement toujours présent
Gestion du vieux bâti : le risque résiduel d’effondrement toujours présent
Le drame survenu cette semaine à la rue Cavaignac, où une septuagénaire a perdu la vie sous les décombres d’une dalle effondrée dans un vieil immeuble, est venu rappeler avec une brutalité insoutenable que le fléau des effondrements du vieux bâti n’appartient ni au passé ni aux statistiques. Il demeure une réalité quotidienne, suspendue au-dessus de centaines de familles vivant dans des immeubles dont les murs portent les stigmates du temps, du manque d’entretien et de décennies d’attente et d’hésitations
Il serait pourtant injuste d’ignorer les efforts entrepris ces dernières années par les autorités locales. Les opérations de recensement des immeubles menaçant ruine, les réunions de coordination consacrées à la réhabilitation du patrimoine bâti, les campagnes de relogement des familles occupant des bâtiments classés « zone rouge » ainsi que les démolitions engagées après évacuation témoignent d’une réelle volonté de reprendre en main un dossier longtemps enlisé. Des commissions techniques ont été mobilisées, des expertises lancées et plusieurs quartiers anciens font désormais l’objet d’un suivi plus soutenu. Mais entre la volonté affichée et les réalités du terrain subsiste encore un fossé préoccupant.
Le vieux bâti oranais constitue sans doute l’un des dossiers urbains les plus complexes. Il mêle impératifs de sécurité, contraintes patrimoniales, difficultés juridiques, relogement des occupants, rareté du foncier et lourdeurs administratives. Pourtant, cette complexité ne saurait justifier la lenteur qui caractérise encore certaines interventions. Combien de bâtiments continuent d’être occupés malgré des fissures béantes, des plafonds fragilisés ou des escaliers menaçant de céder ? Combien d’expertises attendent encore d’être validées ? Combien de décisions demeurent suspendues entre plusieurs administrations dont les responsabilités se chevauchent ?
Dans certains cas, on intervient après l’accident plutôt qu’avant le danger. Les effondrements deviennent ainsi les déclencheurs de décisions qui auraient dû être prises plusieurs mois, voire plusieurs années auparavant. Les Oranais n’ont d’ailleurs pas oublié les drames qui ont jalonné ces deux dernières décennies. D’Ed-Derb à Sidi El Houari, en passant par Eckmühl, Gambetta ou encore le centre-ville, plusieurs effondrements d’immeubles vétustes ont coûté des vies humaines ou blessé des occupants. Chaque tragédie a suscité une vive émotion, entraîné des enquêtes, des promesses d’accélération des expertises et des programmes de relogement. Pourtant, quelques mois ou quelques années plus tard, un nouvel effondrement vient rappeler que le problème n’a pas été totalement résolu. Cette succession de drames illustre la difficulté à rompre définitivement avec une gestion souvent réactive, où l’urgence prend encore trop souvent le pas sur la prévention. Le problème réside également dans l’absence d’une véritable visibilité publique. Les citoyens ignorent souvent quels immeubles sont classés prioritaires, selon quels critères les opérations de consolidation sont décidées, quelles bâtisses seront restaurées et lesquelles seront démolies. Une communication plus transparente permettrait pourtant de renforcer la confiance et d’éviter les incompréhensions qui accompagnent régulièrement les opérations de relogement.
Il devient également indispensable d’accélérer les expertises techniques. Entre le premier signalement d’un immeuble fragilisé et le lancement effectif des travaux ou de la démolition, les délais demeurent parfois incompatibles avec l’urgence du risque. Chaque saison hivernale, chaque épisode de fortes pluies ou simplement l’usure du temps peut transformer une situation préoccupante en véritable catastrophe.La sauvegarde du vieux bâti ne consiste d’ailleurs pas uniquement à préserver quelques façades. Elle implique une stratégie globale distinguant clairement les immeubles pouvant être consolidés de ceux dont la démolition devient inévitable, tout en garantissant aux familles concernées un relogement digne et rapide.
Oran aspire légitimement à devenir une métropole moderne, attractive et respectueuse de son patrimoine. Cette ambition passe naturellement par la restauration de ses bâtiments emblématiques. Mais elle passe d’abord par la protection des vies humaines.
Le vieux bâti ne peut plus être géré dans l’urgence des drames. Il mérite une gouvernance anticipative, des décisions rapides, une coordination permanente entre tous les intervenants et un calendrier d’action rigoureux. Car, dans ce dossier plus que dans tout autre, chaque retard peut avoir un coût humain.
Il serait pourtant injuste d’ignorer les efforts entrepris ces dernières années par les autorités locales. Les opérations de recensement des immeubles menaçant ruine, les réunions de coordination consacrées à la réhabilitation du patrimoine bâti, les campagnes de relogement des familles occupant des bâtiments classés « zone rouge » ainsi que les démolitions engagées après évacuation témoignent d’une réelle volonté de reprendre en main un dossier longtemps enlisé. Des commissions techniques ont été mobilisées, des expertises lancées et plusieurs quartiers anciens font désormais l’objet d’un suivi plus soutenu. Mais entre la volonté affichée et les réalités du terrain subsiste encore un fossé préoccupant.
Le vieux bâti oranais constitue sans doute l’un des dossiers urbains les plus complexes. Il mêle impératifs de sécurité, contraintes patrimoniales, difficultés juridiques, relogement des occupants, rareté du foncier et lourdeurs administratives. Pourtant, cette complexité ne saurait justifier la lenteur qui caractérise encore certaines interventions. Combien de bâtiments continuent d’être occupés malgré des fissures béantes, des plafonds fragilisés ou des escaliers menaçant de céder ? Combien d’expertises attendent encore d’être validées ? Combien de décisions demeurent suspendues entre plusieurs administrations dont les responsabilités se chevauchent ?
Dans certains cas, on intervient après l’accident plutôt qu’avant le danger. Les effondrements deviennent ainsi les déclencheurs de décisions qui auraient dû être prises plusieurs mois, voire plusieurs années auparavant. Les Oranais n’ont d’ailleurs pas oublié les drames qui ont jalonné ces deux dernières décennies. D’Ed-Derb à Sidi El Houari, en passant par Eckmühl, Gambetta ou encore le centre-ville, plusieurs effondrements d’immeubles vétustes ont coûté des vies humaines ou blessé des occupants. Chaque tragédie a suscité une vive émotion, entraîné des enquêtes, des promesses d’accélération des expertises et des programmes de relogement. Pourtant, quelques mois ou quelques années plus tard, un nouvel effondrement vient rappeler que le problème n’a pas été totalement résolu. Cette succession de drames illustre la difficulté à rompre définitivement avec une gestion souvent réactive, où l’urgence prend encore trop souvent le pas sur la prévention. Le problème réside également dans l’absence d’une véritable visibilité publique. Les citoyens ignorent souvent quels immeubles sont classés prioritaires, selon quels critères les opérations de consolidation sont décidées, quelles bâtisses seront restaurées et lesquelles seront démolies. Une communication plus transparente permettrait pourtant de renforcer la confiance et d’éviter les incompréhensions qui accompagnent régulièrement les opérations de relogement.
Il devient également indispensable d’accélérer les expertises techniques. Entre le premier signalement d’un immeuble fragilisé et le lancement effectif des travaux ou de la démolition, les délais demeurent parfois incompatibles avec l’urgence du risque. Chaque saison hivernale, chaque épisode de fortes pluies ou simplement l’usure du temps peut transformer une situation préoccupante en véritable catastrophe.La sauvegarde du vieux bâti ne consiste d’ailleurs pas uniquement à préserver quelques façades. Elle implique une stratégie globale distinguant clairement les immeubles pouvant être consolidés de ceux dont la démolition devient inévitable, tout en garantissant aux familles concernées un relogement digne et rapide.
Oran aspire légitimement à devenir une métropole moderne, attractive et respectueuse de son patrimoine. Cette ambition passe naturellement par la restauration de ses bâtiments emblématiques. Mais elle passe d’abord par la protection des vies humaines.
Le vieux bâti ne peut plus être géré dans l’urgence des drames. Il mérite une gouvernance anticipative, des décisions rapides, une coordination permanente entre tous les intervenants et un calendrier d’action rigoureux. Car, dans ce dossier plus que dans tout autre, chaque retard peut avoir un coût humain.
— Par S.Benali