Oran Aujourd'hui
Route Nationale N°11: le long chantier d’un rattrapage très attendu
Route Nationale N°11: le long chantier d’un rattrapage très attendu
Pendant de longues années, la Route nationale n°11 a symbolisé l’un des paradoxes les plus frappants du développement de l’agglomération oranaise. Axe stratégique reliant Oran, Arzew et Mostaganem, support indispensable de l’activité portuaire, industrielle, touristique et agricole, elle est progressivement devenue l’illustration d’une infrastructure victime d’une croissance qu’elle n’avait jamais été conçue pour absorber. Le lancement, au début du mois de mars dernier, des travaux de réhabilitation et d’actualisation de près de 19 kilomètres de cette desserte, pour un investissement dépassant les six milliards de dinars, constitue incontestablement un tournant. Si le calendrier annoncé est respecté, une grande partie de cet axe retrouvera, avant la fin de l’année, des conditions de circulation nettement améliorées. Cette opération s’inscrit d’ailleurs dans la dynamique plus large engagée par les autorités locales pour remettre de l’ordre dans la gestion urbaine, moderniser les infrastructures et résorber les nombreux retards accumulés dans plusieurs secteurs.
Mais la RN11 raconte aussi une histoire beaucoup plus ancienne. Son parcours chaotique commence dès les années 1980. À l’époque, le choix fut fait de réaliser une liaison rapide en juxtaposant la Route nationale historique avec l’ancien chemin de wilaya n°32 entre Gdyel et Oran. Cette solution de compromis permit de répondre à une urgence budgétaire, mais elle créa une infrastructure hybride dont les limites apparaîtront rapidement. Les accès multiples, les intersections nombreuses, l’urbanisation croissante de ses abords et l’absence d’une véritable vision prospective finiront par transformer cet axe en un immense goulot d’étranglement.
Les décennies suivantes n’ont fait qu’aggraver la situation. Les études se sont succédé sans véritable continuité. Les projets furent annoncés puis reportés. Les crédits furent parfois gelés, parfois redéployés vers d’autres priorités. Les interventions se limitaient souvent à quelques opérations de colmatage ou de revêtement, sans traitement global des causes profondes de la congestion et des dangers liés à la circulation. Cette gestion par «saupoudrage» a longtemps remplacé une véritable stratégie d’aménagement. Pendant ce temps, le trafic explosait. Le développement du pole pétrochimique et industriel d’Arzew, l’expansion urbaine vers l’est d’Oran, la multiplication des zones d’activités, l’essor du transport de marchandises et l’augmentation constante du parc automobile ont accentué une saturation devenue quotidienne. Les ralentissements chroniques, les accidents récurrents et les pertes économiques se sont installés comme une fatalité.
Il aura fallu les rapports particulièrement sévères de la commission de l’aménagement du territoire de l’Assemblée populaire de wilaya pour replacer le dossier au rang des priorités. Les diagnostics évoquaient une véritable asphyxie économique et une insécurité routière préoccupante.
Ils mettaient également en lumière plusieurs insuffisances managériales : programmation fragmentée, faible coordination entre les différents intervenants, absence d’anticipation des extensions urbaines, retards dans les procédures administratives et insuffisance du suivi technique des projets.
Aujourd’hui, les signaux semblent évoluer dans le bon sens. Les travaux engagés traduisent une volonté réelle de rattraper un retard devenu difficilement acceptable. Toutefois, la réussite de cette opération ne se mesurera pas uniquement à la qualité du nouveau revêtement. Elle dépendra aussi de la capacité des gestionnaires à traiter durablement les points noirs, à sécuriser les accès, à mieux organiser les flux, à préserver les emprises routières et surtout à inscrire la modernisation du réseau dans une vision cohérente de l’aménagement du territoire.
Car la véritable leçon de la RN11 dépasse largement le cadre d’un chantier routier. Elle rappelle qu’en matière d’infrastructures, les économies réalisées aujourd’hui peuvent engendrer des coûts considérables. Plus qu’une simple réhabilitation, c’est une culture de l’anticipation, de la planification et de la bonne gouvernance qu’il convient désormais de remettre en circulation.
Mais la RN11 raconte aussi une histoire beaucoup plus ancienne. Son parcours chaotique commence dès les années 1980. À l’époque, le choix fut fait de réaliser une liaison rapide en juxtaposant la Route nationale historique avec l’ancien chemin de wilaya n°32 entre Gdyel et Oran. Cette solution de compromis permit de répondre à une urgence budgétaire, mais elle créa une infrastructure hybride dont les limites apparaîtront rapidement. Les accès multiples, les intersections nombreuses, l’urbanisation croissante de ses abords et l’absence d’une véritable vision prospective finiront par transformer cet axe en un immense goulot d’étranglement.
Les décennies suivantes n’ont fait qu’aggraver la situation. Les études se sont succédé sans véritable continuité. Les projets furent annoncés puis reportés. Les crédits furent parfois gelés, parfois redéployés vers d’autres priorités. Les interventions se limitaient souvent à quelques opérations de colmatage ou de revêtement, sans traitement global des causes profondes de la congestion et des dangers liés à la circulation. Cette gestion par «saupoudrage» a longtemps remplacé une véritable stratégie d’aménagement. Pendant ce temps, le trafic explosait. Le développement du pole pétrochimique et industriel d’Arzew, l’expansion urbaine vers l’est d’Oran, la multiplication des zones d’activités, l’essor du transport de marchandises et l’augmentation constante du parc automobile ont accentué une saturation devenue quotidienne. Les ralentissements chroniques, les accidents récurrents et les pertes économiques se sont installés comme une fatalité.
Il aura fallu les rapports particulièrement sévères de la commission de l’aménagement du territoire de l’Assemblée populaire de wilaya pour replacer le dossier au rang des priorités. Les diagnostics évoquaient une véritable asphyxie économique et une insécurité routière préoccupante.
Ils mettaient également en lumière plusieurs insuffisances managériales : programmation fragmentée, faible coordination entre les différents intervenants, absence d’anticipation des extensions urbaines, retards dans les procédures administratives et insuffisance du suivi technique des projets.
Aujourd’hui, les signaux semblent évoluer dans le bon sens. Les travaux engagés traduisent une volonté réelle de rattraper un retard devenu difficilement acceptable. Toutefois, la réussite de cette opération ne se mesurera pas uniquement à la qualité du nouveau revêtement. Elle dépendra aussi de la capacité des gestionnaires à traiter durablement les points noirs, à sécuriser les accès, à mieux organiser les flux, à préserver les emprises routières et surtout à inscrire la modernisation du réseau dans une vision cohérente de l’aménagement du territoire.
Car la véritable leçon de la RN11 dépasse largement le cadre d’un chantier routier. Elle rappelle qu’en matière d’infrastructures, les économies réalisées aujourd’hui peuvent engendrer des coûts considérables. Plus qu’une simple réhabilitation, c’est une culture de l’anticipation, de la planification et de la bonne gouvernance qu’il convient désormais de remettre en circulation.
— Par S.Benali