Oran Aujourd'hui
Sidi El Houari : entre restauration patrimoniale et renaissance économique
Sidi El Houari : entre restauration patrimoniale et renaissance économique
À Sidi El Houari, l’histoire semble parfois condamnée à se répéter. Depuis des décennies, ce quartier emblématique d’Oran fait l’objet d’études, de diagnostics, de réunions, de programmes et d’annonces de réhabilitation, sans que l’on soit encore parvenu à enrayer durablement sa dégradation. Pourtant, depuis quelque temps, une nouvelle dynamique semble se dessiner.
Les autorités locales affichent une volonté plus affirmée de remettre de l’ordre dans la gestion urbaine, de traiter les situations d’urgence et surtout de faire avancer le plan permanent de sauvegarde du secteur classé. La présentation de la troisième phase de ce plan et l’installation annoncée d’une commission chargée d’en suivre la mise en œuvre constituent incontestablement des signes encourageants. Le traitement des immeubles menaçant ruine, le diagnostic du bâti, la hiérarchisation des interventions et la sécurisation des habitants sont désormais placés au cœur des priorités. Après tant d’années, voire de décennies, de tâtonnements, de lenteurs administratives, d’études interrompues et de changements successifs de procédures, cette volonté de suivi permanent ne peut qu’être saluée.
Mais il faut aussi regarder la réalité en face. Sidi El Houari ne souffre pas seulement de la vétusté de ses immeubles. Il souffre d’un déficit ancien de gouvernance patrimoniale. Les multiples programmes annoncés au fil des années, les difficultés financières, les appels d’offres infructueux, les changements de responsables et l’absence d’une continuité dans le suivi ont considérablement retardé l’action. Le quartier a ainsi perdu progressivement une partie de son bâti, de ses repères et de sa mémoire urbaine. Certaines démolitions devenues inévitables ont parfois donné le sentiment que la sauvegarde patrimoniale risquait de se réduire à une succession d’opérations de sécurisation et de démolition. Le défi actuel est donc autrement plus ambitieux : il ne suffit plus de sauver ce qui menace de tomber. Il faut savoir ce que l’on veut faire renaître.
La restauration du Palais du Bey, la sauvegarde des monuments, des ruelles et des constructions remarquables doivent s’inscrire dans une vision globale associant habitat, espaces publics, mobilité, activités artisanales, commerces, culture et tourisme. Le patrimoine ne peut rester un décor figé. Il doit redevenir une ressource pour la ville et pour ses habitants.
C’est ici que se pose la question de la renaissance économique. Sidi El Houari possède des atouts considérables : son histoire, son architecture, ses lieux de mémoire, sa proximité avec le front de mer et son identité profondément enracinée dans la mémoire collective oranaise. Restaurer ses immeubles sans créer de nouvelles activités, sans encourager l’artisanat, les commerces de proximité, les initiatives culturelles et l’économie touristique reviendrait à reconstruire des façades sans reconstruire la vie du quartier.
La récente mobilisation des autorités, ainsi que l’implication annoncée de grandes entreprises publiques dans certains projets de restauration, peuvent ouvrir une nouvelle étape. Mais cette étape exige une coordination rigoureuse entre wilaya, commune, culture, urbanisme, logement et opérateurs économiques. L’absence remarquée de certains acteurs institutionnels lors de réunions consacrées au plan de sauvegarde montre que cette coordination demeure encore perfectible.
Sidi El Houari n’a donc plus besoin d’une nouvelle promesse. Il a besoin d’une «méthode, d’un calendrier, d’un financement durable et d’un véritable chef d’orchestre». L’enjeu n’est plus seulement de restaurer un vieux quartier, mais de permettre à un morceau essentiel de l’âme d’Oran de retrouver une fonction urbaine, sociale et économique. Après tant de rendez-vous manqués, le véritable succès du plan de sauvegarde se mesurera non pas au nombre de réunions tenues ou d’études achevées, mais au jour où Sidi El Houari redeviendra un quartier vivant, sécurisé, attractif et fier de son histoire.
Les autorités locales affichent une volonté plus affirmée de remettre de l’ordre dans la gestion urbaine, de traiter les situations d’urgence et surtout de faire avancer le plan permanent de sauvegarde du secteur classé. La présentation de la troisième phase de ce plan et l’installation annoncée d’une commission chargée d’en suivre la mise en œuvre constituent incontestablement des signes encourageants. Le traitement des immeubles menaçant ruine, le diagnostic du bâti, la hiérarchisation des interventions et la sécurisation des habitants sont désormais placés au cœur des priorités. Après tant d’années, voire de décennies, de tâtonnements, de lenteurs administratives, d’études interrompues et de changements successifs de procédures, cette volonté de suivi permanent ne peut qu’être saluée.
Mais il faut aussi regarder la réalité en face. Sidi El Houari ne souffre pas seulement de la vétusté de ses immeubles. Il souffre d’un déficit ancien de gouvernance patrimoniale. Les multiples programmes annoncés au fil des années, les difficultés financières, les appels d’offres infructueux, les changements de responsables et l’absence d’une continuité dans le suivi ont considérablement retardé l’action. Le quartier a ainsi perdu progressivement une partie de son bâti, de ses repères et de sa mémoire urbaine. Certaines démolitions devenues inévitables ont parfois donné le sentiment que la sauvegarde patrimoniale risquait de se réduire à une succession d’opérations de sécurisation et de démolition. Le défi actuel est donc autrement plus ambitieux : il ne suffit plus de sauver ce qui menace de tomber. Il faut savoir ce que l’on veut faire renaître.
La restauration du Palais du Bey, la sauvegarde des monuments, des ruelles et des constructions remarquables doivent s’inscrire dans une vision globale associant habitat, espaces publics, mobilité, activités artisanales, commerces, culture et tourisme. Le patrimoine ne peut rester un décor figé. Il doit redevenir une ressource pour la ville et pour ses habitants.
C’est ici que se pose la question de la renaissance économique. Sidi El Houari possède des atouts considérables : son histoire, son architecture, ses lieux de mémoire, sa proximité avec le front de mer et son identité profondément enracinée dans la mémoire collective oranaise. Restaurer ses immeubles sans créer de nouvelles activités, sans encourager l’artisanat, les commerces de proximité, les initiatives culturelles et l’économie touristique reviendrait à reconstruire des façades sans reconstruire la vie du quartier.
La récente mobilisation des autorités, ainsi que l’implication annoncée de grandes entreprises publiques dans certains projets de restauration, peuvent ouvrir une nouvelle étape. Mais cette étape exige une coordination rigoureuse entre wilaya, commune, culture, urbanisme, logement et opérateurs économiques. L’absence remarquée de certains acteurs institutionnels lors de réunions consacrées au plan de sauvegarde montre que cette coordination demeure encore perfectible.
Sidi El Houari n’a donc plus besoin d’une nouvelle promesse. Il a besoin d’une «méthode, d’un calendrier, d’un financement durable et d’un véritable chef d’orchestre». L’enjeu n’est plus seulement de restaurer un vieux quartier, mais de permettre à un morceau essentiel de l’âme d’Oran de retrouver une fonction urbaine, sociale et économique. Après tant de rendez-vous manqués, le véritable succès du plan de sauvegarde se mesurera non pas au nombre de réunions tenues ou d’études achevées, mais au jour où Sidi El Houari redeviendra un quartier vivant, sécurisé, attractif et fier de son histoire.
— Par S.Benali