Oran

Biens immobiliers communaux à Aïn El Türck : mystère d’un sommier de consistance figé depuis des décennies

La question de la gestion des biens immobiliers communaux à Aïn El Türck, dont a hérité l’administration locale, suscite depuis toujours l’inquiétude et la perplexité des citoyens. L’actualisation du sommier de consistance de l’APC, demeurant désespérément figé, semble être finalement exclue au regard de la gravité du préjudice porté à ce patrimoine et qui remonte à plusieurs décennies de cela, à savoir depuis le temps des défuntes délégations communales (DEC).

La récupération récente de certains biens, tels que l’ancienne salle de cinéma ou l’hôtel « Mon Château », ne représente qu’une fraction du patrimoine communal. En effet, la majorité des biens immobiliers, qui devraient relever de la propriété communale, semblent être oubliés après avoir été fatalement sortis du sommier de consistance, évoquant souvent des histoires obscures entourant ces propriétés. Parmi les cas les plus emblématiques, l’ancien siège de l’ONAT, adjacent au restaurant « La Belle Époque », et la villa ayant abrité l’ex-entreprise EPEOR, située au jardin Les Palmiers à Bouisseville, soulèvent des interrogations. La situation du restaurant le « Méditerranée », à l’entrée de la station balnéaire de Trouville, renforce ce sentiment de perplexité. Les innombrables opérations de recensement menées par les différentes assemblées communales, se sont quasiment toutes embourbées dans des labyrinthes interminables et se sont vues confrontées à des contraintes incommensurables, obligeant parfois les élus à se réfugier derrière un discours peu convaincant au regard de la complexité de la tâche. Il est évident que le sommier de consistance d’Aïn El Türck était autrefois bien plus fourni qu’il ne l’est actuellement, et les allégations selon lesquelles des biens ont été attribués à des particuliers, par le biais de cessions ou de concessions ou encore carrément détournés, soulèvent des questions éthiques et juridiques sur la gestion des ressources publiques. La liste des biens communaux ayant disparu de manière intentionnelle ou accidentelle du sommier de consistance est longue, elle donnerait des frissons aux plus hardis. Quant à la commune, elle se voit tronquée d’une source fiscale précieuse et ce, au grand dam des contribuables.

Les recommandations des pouvoirs publics en faveur de la revitalisation de la fiscalité locale par l’exploitation des biens communaux devraient inciter les gestionnaires à agir rapidement. Il est impératif que la commune d’Aïn El Türck prenne des mesures concrètes pour restaurer son sommier de consistance, en s’appuyant sur les anciens registres et en s’assurant de la transparence des opérations. L’opération n’est pas une simple sinécure, elle requiert courage et vaillance, car elle va soulever les démons. La nécessité d’une réactualisation des données, d’une transparence accrue et d’une véritable prise de responsabilité des élus est plus que jamais d’actualité.

Les citoyens attendent des actes concrets et une volonté politique affirmée pour redonner vie à un patrimoine qui leur appartient et qui pourrait, s’il est bien géré, constituer un atout précieux pour le développement local. L’heure est à l’action, et il est temps que les responsables politiques répondent aux attentes légitimes de la population.

Karim Bennacef

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