EDITO

Pourparlers et guerre

Pourparlers et guerre

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le conflit en Iran continue toujours. Les frappes américaines, certes, ne visent plus la capitale Téhéran et son agglomération proche, mais touchent, même si cela reste épisodique, d’autres régions notamment dans le sud. Il faut dire que le commandement militaire américain a tempéré, ces derniers temps, les ardeurs du président Donald Trump surtout depuis le rapport du Pentagone concernant les munitions qui manqueraient.
Mais la guerre, elle, continue bel et bien et rien n’a changé ni sur le terrain des affrontements ni sur le terrain diplomatique. Et c’est pour cela que les derniers développements survenus en marge de l’Assemblée générale de l’ONU ont remis au devant de la scène ce conflit. En effet, en marge de cette semaine onusienne l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président Trump, ont repris langue, à travers des intermédiaires, avec la partie iranienne représentée par et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lequel a mis sur la table une proposition détaillant les conditions de l’Iran pour la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des négociations sur le nucléaire.
Une proposition que Donald Trump a refusé dans une déclaration faite à la presse à la Maison Blanche où il a confirmé ces contacts indiquant “ Ils ont fait une proposition et je l”ai rejetée.”. Portes fermées alors? Non, soutiennent plusieurs sources qui indiquent qu’au-delà des invectives et des démonstrations de force, en secret les discussions continuent toujours entre les deux parties. Une tendance qui peut prendre plus d’épaisseur si un acteur majeur entre aussi en scène. Il s’agit de la Chine puisque Trump avait indiqué qu’il avait discuté avec le président Xi Jinping de l’Iran lors de sa récente visite à Washington. Mais sans donner plus de précisions.
La question fondamentale qui se pose aujourd’hui, c’est l’agenda qu’aurait à fixer le locataire de la Maison Blanche dans les tout prochains jours, et ce par rapport aux élections de mi-mandat qui approchent à grand pas, et où il pourrait perdre sa majorité au Congrès. Une éventualité qui risque de sérieusement rétrécir son champ d’action dans plusieurs dossiers et notamment dans celui du conflit avec l’Iran. Alors la fin de cette guerre, militairement ou diplomatiquement, pourrait-elle survenir avant ou après cette échéance électorale ? Car on verrait mal comment Trump pourrait laisser ce conflit traverser tout son mandat, avec ce que cela aura pour conséquences au plan intérieur et international pour lui.
— Par Abdelmadjid Blidi

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page