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SoutH2 Corridor : une œuvre historique du président Tebboune

L’histoire retiendra que c’est sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune que l’Algérie a cessé d’être perçue comme un simple fournisseur pour s’imposer comme un partenaire stratégique de l’Europe, au moment même où celle-ci en avait le plus besoin.

Il est des journées qui marquent une diplomatie. Celle de jeudi, à Alger, en fait partie. Au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, des ministres autrichien, allemand, italien et tunisien, ainsi que l’ambassadeur de l’Union européenne, ont participé à la 2e réunion ministérielle sur le SoutH2 Corridor. Tous ont dit la même chose, à savoir que l’hydrogène vert algérien est désormais un enjeu stratégique pour l’avenir énergétique du continent. Ce n’est plus l’Algérie qui sollicite l’Europe, c’est l’Europe qui vient à Alger.

Cette scène a quelque chose d’historique. Pendant des décennies, l’Algérie a été pour ses voisins du nord un fournisseur fiable de gaz, y compris dans les moments de crise. Mais fournisseur, ce n’est pas partenaire. Avec le SoutH2 Corridor, qui reliera l’Algérie à l’Europe par la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne, le pays change de rang. Il n’alimente plus seulement le marché européen, il devient un pilier de sa transition énergétique, pour une durée qui se compte en décennies.

Ce basculement ne doit rien au hasard. Il est le fruit d’une vision politique portée au plus haut niveau de l’Etat. Depuis son accession à la présidence, Abdelmadjid Tebboune a placé la diplomatie énergétique au cœur de la restauration de la place de l’Algérie dans le monde. Il s’agit un pays souverain, qui parle d’égal à égal, refuse la logique de rente et exige des partenariats équilibrés, créateurs de valeur et d’emplois sur son propre sol. C’est cette cohérence, dans les choix comme dans les engagements tenus, qui a rendu à l’Algérie sa crédibilité auprès des capitales européennes. Et c’est cette crédibilité qui explique que le projet ait été classé par l’Union européenne « projet d’intérêt commun », reconnaissance qui ouvre la voie à des financements européens.

Le contexte donne à cette réussite toute sa portée. Les bouleversements que connaît le monde, des tensions géopolitiques aux ruptures d’approvisionnement, ont obligé l’Europe à repenser sa sécurité énergétique. Pour le ministre autrichien de l’Economie et de l’Énergie, Wolfgang Hattmannsdorfer, c’ est le « symbole de partenaires solides ». Son homologue italien, Gilberto Pichetto Fratin, a relevé que ces évolutions rendaient la coopération avec l’Algérie plus pertinente que jamais. Le secrétaire d’Etat allemand, Frank Wetzel, a parlé d’une « grande importance stratégique » pour l’Europe.

Sur le plan géoéconomique, l’enjeu est considérable. Le projet promet des investissements et des emplois en Algérie, et fait de la rive sud de la Méditerranée un espace de production et d’échanges intégré à l’économie européenne. Le ministre tunisien Slah Zouari y a vu un levier d’intégration énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe, qui ouvre la voie à une coopération élargie dans les énergies renouvelables et les technologies propres. L’Algérie y gagne un rôle de pivot régional.

Sur le plan géopolitique, la victoire est encore plus profonde. Un corridor énergétique crée des interdépendances durables, des intérêts partagés et une confiance qui résiste aux aléas. En liant son avenir énergétique à celui de l’Europe, l’Algérie s’assure une place incontournable dans l’architecture de sécurité de la Méditerranée pour une génération au moins. Elle le fait en pleine indépendance de décision, ce qui est précisément la marque de la diplomatie voulue par le Président Tebboune.

Reste, comme l’ont rappelé les ministres, à passer à la mise en œuvre et à élaborer un plan d’action aux contours clairs. Mais sur les plans du principe, de la reconnaissance politique et de la volonté commune, l’essentiel est acquis. L’histoire retiendra que c’est sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune que l’Algérie a cessé d’être perçue comme un simple fournisseur pour s’imposer comme un partenaire stratégique de l’Europe, au moment même où celle-ci en avait le plus besoin.

Anissa Mesdouf

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