
Situation des réfugiés : l’Algérie met en avant depuis Genève son rôle humanitaire et réfute les allégations marocaines
L’Algérie, par la voix de son représentant permanent auprès des Nations unies à Genève, Idris Latreche, a plaidé, mardi soir, devant le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, réfutant les allégations de l’occupation marocaine, qui a tenté de donner des «leçons» en matière de solutions durables et de se prévaloir d’une «référence morale».
En réponse aux allégations fallacieuses du représentant du Maroc, puissance occupante au Sahara occidental, l’Algérie a jugé paradoxal que «la partie qui porte la responsabilité première et entière de cette situation, à savoir l’occupation marocaine, cherche à donner des leçons à l’honorable Comité en matière de solutions durables», estimant que «le passage du déni total à la prétention à se poser en référence morale traduit l’opportunisme dans sa forme la plus abjecte, et que la communauté internationale n’ignore ni les faits ni les origines de la situation au Sahara occidental occupé».
Le représentant de l’Algérie a appelé à éviter d’envoyer «le mauvais message au mauvais moment», exhortant à «ne pas brouiller les frontières entre les considérations humanitaires et les réalités politiques, ces deux dimensions étant indissociables».
M. Latreche a relevé trois faits irréfutables, à savoir que « les réfugiés sahraouis sont des déplacées d’un territoire non autonome, le Sahara occidental, et leur droit inaliénable à l’autodétermination est au cœur même de leur souffrance». «Les camps de Tindouf sont ouverts et transparents, accueillant en permanence plus de cinq agences des Nations unies et plus de vingt ONG, outre des visites régulières de donateurs, d’observateurs et de mécanismes onusiens».
Il s’agit également de «la nécessité de ne pas instrumentaliser politiquement l’aide humanitaire ni de la transformer en monnaie d’échange».
Rappelant que le pays accueillait les réfugiés sahraouis depuis plus de cinq décennies et appelait la communauté internationale à poursuivre son soutien en leur faveur, M. Latreche a mis en garde contre le risque que tout regain d’intérêt pour leur détresse ne fasse occulter le processus politique censé s’attaquer aux causes profondes de cette situation.
L’Algérie a réitéré son attachement aux principes de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, soulignant que l’aide internationale et la protection constituent des droits fondamentaux des réfugiés et non des actes de charité.
Le représentant de l’Algérie à Genève a expliqué qu’en aucun cas, l’attention portée à la détresse du peuple sahraoui ne devait occulter le processus politique censé traiter les causes profondes de la situation au Sahara occidental occupé.



