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Un médecin qui a eu un cancer témoigne::
«Il ne faut pas avoir peur du dépistage»

C’est parce qu’il a osé affronter la vérité en se faisant dépister, qu’un médecin oranais s’en est sorti après avoir eu un cancer colorectal.

Pendant 22 ans, ce praticien hospitalo-universitaire a traité et opéré des patients atteints de cancer. «Malgré les peurs et les angoisses qui font que l’on préfère souvent jouer les autruches face au destin qui frappe, il vaut mieux, beaucoup mieux, consulter vite au moindre doute. Un cancer détecté tôt est un cancer guéri dans l’immense majorité des cas, avec un traitement plus léger», témoigne-t-il. Il pensait trouver les bons mots pour accompagner ses patients cancéreux, jusqu’à ce qu’il se retrouve atteint à son tour par un cancer. «Le dépistage est très important», résume dans un témoignage poignant ce médecin qui préfère garder l’anonymat.
«Le dépistage est un test gratuit, qui ne fait pas mal et qui peut éviter une souffrance voire la mort. Grâce au dépistage, on peut prendre à temps la maladie. Plus la maladie est prise à temps et moins le traitement sera lourd et long, pour ne pas arriver au stade des métastases. J’ai eu de la chance. Il faut se faire dépister. Il faut y aller», dit-il. Et de poursuivre : «se cacher derrière sa crainte injustifiée n’a jamais aidé à affronter la réalité. En particulier lorsqu’il s’agit du cancer.
La peur d’être confronté à une maladie grave fait que beaucoup de personnes hésitent à se faire dépister. Pourtant, dans la grande majorité des cas de dépistage du cancer colorectal, l’histoire se termine bien: soit il montre qu’il n’y a aucun polype, soit il y en a mais comme ils sont repérés tôt, ils peuvent être retirés. Et cela évite de les voir évoluer en cancer. Soit il s’agit d’un cancer débutant qui pourra être soigné à temps», indique ce médecin. Ce dernier a ainsi passé son test. «J’y pensais parfois, mais le temps passe vite et on oublie. En particulier lorsqu’aucun symptôme ne se manifeste. J’ai eu un déclic !», se confie-t-il. Un collègue lui a fait un prélèvement et attendu les résultats: «Très rapidement, mon médecin m’a téléphoné pour m’annoncer que le test était positif et que je devais voir un spécialiste afin de procéder à un examen complémentaire», relate-t-il. Il a alors pris rendez-vous chez un gastro-entérologue: «Il a procédé à une coloscopie au cours de laquelle, il a constaté que j’avais deux polypes. Deux petites boules curieuses, deux nodules soi-disant bénins… Il a pu les retirer immédiatement, pendant cet examen», raconte-t-il. Cette petite intervention est réalisée en hospitalisation de jour: inutile donc de passer une nuit à l’hôpital. «Je n’ai presque rien senti: en réalité, c’était encore moins douloureux que chez le dentiste ! Le test précoce m’a permis d’agir très vite et ainsi d’éviter les complications», avoue-t-il. Par la suite, il ne devra réaliser un nouveau dépistage de contrôle que dans trois ans. Convaincu de l’importance de ce test de dépistage, ce docteur conseille: «Faites le test ! Il est gratuit et simple à réaliser.
Et surtout, n’ayez pas peur ! Il est essentiel d’écouter les conseils et de réaliser les dépistages ainsi que les examens médicaux quand c’est nécessaire. J’encourage toutes les personnes de plus de 50 ans à faire ce test !» Dans son cas, les polypes auraient pu tout de même évoluer vers un cancer métastatique. C’est pourquoi, il est important de les faire enlever très tôt dans leur évolution !
Imad.T

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